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Pour une lecture critique de la colonisation

Pour une lecture critique de la colonisation
Ces derniers mois, plusieurs faits à caractère raciste envers les noir·e·s ont été dénoncés en Belgique. Comment expliquer ces incidents haineux parfois très graves? Divers facteurs, ayant contribué à construire notre culture et notre mémoire collective de la colonisation[1], peuvent être invoqués: le comportement et le discours des blanc·he·s vivant ou ayant vécu dans l’ancienne colonie ou encore ce qu’on enseignait (et ce qu’on enseigne encore[2]) aux élèves en Belgique; il ne faudrait pas négliger par ailleurs l’image de la colonie et de ses habitant·e·s véhiculée par les médias, les bandes dessinées, les chromos de toutes sortes[3] et l’impact de la présence de monuments glorifiant la période coloniale dans l’espace public. Il est bien entendu exclu d’approfondir ces éléments dans le cadre de cette chronique. Je me limiterai à une évocation de quelques faits.

La conquête du bassin du Congo

Profitant des rivalités entre Français, Anglais et Allemands, Léopold II, monté sur le trône en 1865, s’est «inséré» dans la course aux colonies des grandes puissances[4] . En 1882, il créa l’Association internationale africaine (AIA) et finança sur sa cassette personnelle plusieurs expéditions chargées d’explorer cet immense territoire, toujours terra incognita à la fin du XIXe siècle, baigné par le fleuve Congo. Michel Bouffioux a mis très récemment en lumière le comportement d’un officier belge, Emile Storms[5], qui fut commandité par le Roi pour explorer, au cours d’une expédition armée, la région du lac Tanganyika. Dans son journal, Storms relate qu’après avoir fondé la localité de M’pala, sur les bords du lac, il organisa des expéditions punitives en territoire Tabwa contre le chef Lusinga Iwa Ng’ombe qui lui résistait. Vaincu, Lusinga fut décapité. Storms écrit dans son journal «Je fais apporter la tête de Lusinga au milieu du cercle. Je dis. Voilà, cet homme est mort parce qu’il a menti à l’homme blanc». Le crâne de Lusinga, ramené en Belgique par E. Storms, avec d’autres restes humains, est conservé aujourd’hui à l’Institut royal des Sciences naturelles[6]. Storms obéissait, en fait, à son supérieur hiérarchique Maximilien Strauch[7], secrétaire général de l’AIA, qui lui écrivait le 20 juillet 1883: «Ne manquez pas non plus de recueillir quelques crânes de nègres indigènes si vous le pouvez sans froisser les sentiments superstitieux de ces gens. Choisissez autant que possible les crânes d’individus appartenant à une race bien tranchée et dont le caractère n’a pas subi de modifications physiques par suite de croisements. Notez soigneusement le lieu d’origine des sujets ainsi que leur âge quand c’est possible[8]». Ramener des crânes et des restes de «nègres» d’Afrique répondait aux préoccupations de l’époque: évaluer en fonction des mensurations des os du crâne les capacités intellectuelles, les performances cognitives et le degré d’intelligence des «races» humaines. Cette discipline pseudo-scientifique[9], appelée craniométrie, visait à déterminer des classements hiérarchisés des individus et à démontrer la supériorité des «blancs». Une mesure était régulièrement pratiquée et jugée significative, c’était celle de l’angle formé par la ligne faciale menée de la partie la plus saillante du front à l’épine nasale inférieure jusqu’au conduit auditif externe. Cet angle permettait de mesurer, affirmait-on, la capacité du crâne c’est-à-dire le développement du cerveau, donc de l’intelligence. L’angle facial était évalué à 80°- 85° chez les blanc·he·s, à 75° chez les mongols et à 70°-72° chez les noir·e·s; l’angle facial était de 60° à 30° selon les diverses espèces de singes, considérés comme l’ascendant de l’espèce humaine.

Le crâne de Lusinga, ramené en Belgique
par E. Storms.

 

Quoiqu’on ait pu en dire ou écrire, les motivations profondes de Léopold II étaient lucratives.

Quoiqu’on ait pu en dire ou écrire, les motivations profondes de Léopold II étaient lucratives; l’AIA devait générer des bénéfices. «Les considérations humanitaires et civilisatrices, selon Guy Vanthemsche, ne jouent aucun rôle»[10]. En profitant habilement des rivalités entre les grandes puissances, Léopold II a pu mener librement sa politique coloniale qui consistait à hisser la bannière bleue étoilée de l’AIA sur un maximum de territoires, à soumettre les populations locales et à faire accepter des traités par les chefs indigènes. «Le projet léopoldien, explique G. Vanthemsche, aboutit à l’État indépendant du Congo (EIC) moins par la puissance propre du Roi que par la confrontation européenne dans la région[11]». Toutes ces conquêtes furent reconnues par les grandes puissances européennes à la conférence de Berlin le 26 février 1885. Léopold II, souverain constitutionnel, roi des Belges devenait un souverain absolu, avec le titre de roi du Congo (et non des congolais·e·s); il était le propriétaire d’un territoire immense (près de 80 fois la superficie de la Belgique) au même titre que les rois de France avaient été souverains absolus et propriétaires de la France avant la révolution de 1789. Les Congolais·e étaient ses sujets sans droits et non des citoyen·ne·s.

© Anne Wetsi Mpoma

Les débuts de l’EIC furent très difficiles; ce fut rapidement un gouffre financier mais à partir du milieu des années 1890, le commerce de l’ivoire ainsi que celui du caoutchouc, dont la demande en hausse était liée à l’industrie automobile naissante et à la découverte de la bicyclette, ont généré d’énormes bénéfices. La conséquence humaine de cette exploitation (destruction de villages, exécutions sommaires, châtiments corporels) fut souvent dénoncée, dans le monde anglo-saxon notamment, mais l’impunité fut totale car la métropole s’est tenue éloignée de cette colonisation «privée». Et depuis que l’État indépendant du Congo est devenu sa colonie en 1908, la Belgique n’a jamais reconnu le côté «sombre» de la période Léopold II.[12]

Le comportement du colonisateur

Le comportement des Belges pendant la période coloniale vis-à-vis des Congolais·e·s n’a pas été exemplaire. Il était souvent un mélange de paternalisme et d’autorité que Patrice Lumumba, en tant que premier ministre, a dénoncé en termes virulents le 30 juin 1960: «Nous avons connu le travail harassant exigé en échange de salaires qui ne nous permettaient ni de manger à notre faim, ni de nous vêtir ou de nous loger décemment, ni d’élever nos enfants comme des êtres chers. Nous avons connu les ironies, les insultes, les coups que nous devions subir matin, midi et soir parce que nous étions des nègres… Nous avons connu nos terres spoliées au nom de textes prétendument légaux, qui ne faisaient que reconnaître le droit du plus fort, nous avons connu que la loi n’était jamais la même, selon qu’il s’agissait d’un blanc ou d’un noir, accommodante pour les uns, cruelle et inhumaine pour les autres… Nous avons connu qu’il y avait dans les villes des maisons magnifiques pour les blancs et des paillottes croulantes pour les noirs; qu’un noir n’était admis ni dans les cinémas, ni dans les restaurants, ni dans les magasins dits européens, qu’un noir voyageait à même la coque des péniches au pied du blanc dans sa cabine de luxe»[13]. Cette condamnation de l’ère coloniale n’est plus aujourd’hui scandaleuse. Guido Grijseels, directeur général du nouvel AfricaMuseum (Tervuren) déclarait en substance lors de l’inauguration du nouveau musée: «il était temps de tourner la page de la mission civilisatrice pour reconnaître que la colonisation fut d’abord une entreprise capitaliste accompagnée de violences et de victimes. Derrière les images idylliques de la construction d’écoles, des hôpitaux, des routes et chemins de fer la population du Congo a été exploitée, a subi l’oppression et le racisme d’un système colonial immoral [14]».

Les zoos humains

Le mépris des noir·e·s, stigmatisé par Lumumba, a atteint une dimension raciste avec les zoos humains[15]. La propagande coloniale comptait deux grands volets, l’aspect économique qui concernait l’exploitation des richesses, que je n’aborderai pas ici, et l’aspect social qui visait à donner au public européen une image du/ de la Congolais·e, de sa vie quotidienne, de ses caractéristiques physiques, mentales et intellectuelles. D’une manière générale, l’accent était mis sur les aspects étranges: la nudité, les coiffures, les tatouages[16], les danses et le sens du rythme, la polygamie, voire même le cannibalisme; en résumé, les Congolais·e·s étaient traité·e·s comme des arriéré·e·s auxquel·le·s le colon apportait la civilisation et l’Église, le christianisme. Dès la fin du XIXe siècle, sur le modèle du cirque Barnum aux États-Unis, les Européen·ne·s vont exhiber des noir·e·s en Europe; les Africain·e·s étaient installé·e·s dans des villages reconstitués dans les expositions universelles. C’est à Amsterdam, en 1883, que débuta «cette mode» des zoos humains. Deux ans plus tard, le 12 mai 1885, douze noir·e·s débarquaient à Anvers pour participer à l’exposition mondiale qui devait se tenir dans la métropole et pour être exposé·e·s au public comme spécimens de la race noire au village colonial. Les sauvages nus et noirs sont confiés aux bons soins d’un comité de dames patronnesses qui les loge et les habille en accord avec notre climat. D’autres expositions internationales suivront en Belgique et en Europe (Anvers 1894 -Tervuren et Bruxelles 1897 – Bruxelles 1910 – Paris – Londres – Milan-Berlin, etc.). Les noir·e·s, dans ces villages coloniaux, subissaient des traitements dégradants; ils étaient confrontés à des conditions climatiques inhabituelles, les conditions de vie étaient déplorables. Plusieurs d’entre eux ne reverront jamais l’Afrique: en 1897, à l’exposition de Tervuren, sept Congolais disparaissaient, plusieurs décès sont également à déplorer à Paris en 1892, à Barcelone en 1896. Des zoos humains seront encore organisés pendant l’entre-deux-guerres et même après la fin des hostilités en 1945 alors que paraissaient les premiers signes de la décolonisation à la fin des années 1950. La dernière exhibition de noir·e·s en Europe dans un village colonial eut lieu à l’exposition universelle de Bruxelles en 1958. «L’attraction», qui suscita de nombreuses critiques et dut fermer ses portes avant la fin de l’exposition, a été sans aucun doute un des éléments déclencheurs de l’indépendance du Congo deux ans plus tard[17].

Le bassin du «village sénégalais», Exposition universelle de Liège, carte postale, héliotypie, 1905.
© P. BLANCHARD/Collection Groupe de recherche ACHAC.

Que disaient les manuels scolaires à propos des noirs?

À ma connaissance, l’histoire du Congo n’était guère présente dans les programmes d’histoire. Par contre, l’étude du Congo faisait partie des programmes du cours de géographie physique, de géographie économique et accordait une grande place à la description des ethnies. Edouard Vincke[18] a dépouillé de nombreux manuels. Je lui emprunte quelques textes concernant la présentation des populations noires.

«Le nègre, l’un des trois types primordiaux de l’espèce humaine (avec le blanc et le jaune), se distingue par ses formes robustes, ses cheveux laineux, ses lèvres épaisses, son teint noir… Moins intelligent et moins actif que les autres races, le nègre est resté généralement sauvage, ignorant, superstitieux, adorateur de fétiches; il se laisse dominer par des chefs absolus et féroces, qui le traitent comme une bête de somme, le sacrifient à leurs plaisirs, ou le vendent à vil prix (1880)[19]». Cette description du «nègre» a été reprise dans des formes différentes par des auteurs plus récents. En 1948: «La race noire a la peau brun-chocolat, la mâchoire inférieure saillante, les lèvres épaisses, le nez large et aplati et les cheveux noirs et crépus. Les noirs ont une civilisation arriérée[20]». Cependant des auteurs de manuels ne mettent pas tous les noirs dans le même sac. Ils distinguent des groupes: «Il ne faut pas croire que tous les nègres se ressemblent. Il y a autant de différences entre eux qu’entre les différents peuples blancs. Le type représenté ici (une photo) est un des types supérieurs: le Soudanais face prognathe, crâne assez développé, poitrine large et membres solides. Le Soudanais est capable de comprendre et d’exécuter les bonnes méthodes agricoles. Au contraire d’autres nègres comme les Bantous de l’Afrique équatoriale, les Bushmen, les Cafres et les Hottentots de l’Afrique du sud représentent des races inférieures. Certains vivent de la chasse et ignorent presque complètement la culture[21]». Cette vision sera celle enseignée après le second conflit mondial dans certaines classes primaires. «Les Soudanais ont le crâne moins allongé, le front plus droit, le nez moins épaté, les mâchoires moins proéminentes et leur teint chocolat est plus clair. Leur organisation politique est meilleure. Ils possèdent de grandes aptitudes industrielles et commerciales. Les Soudanais ont une réelle supériorité physique et intellectuelle sur les autres populations congolaises (1958)[22]». Pour les auteurs de manuels, les Pygmées – Mbuti est le nom que se donnent les Pygmées – sont au bas de l’échelle. «Les pygmées ne sont pas des nègres. Ce sont des nains à la peau noire… Ils sont fort arriérés, et n’apportent aucune aide aux blancs (1937)[23]». En 1959, à un an de l’indépendance du Congo, F. Camerlinckx[24] tient des propos nettement racistes: «Les Hottentots et les Boshimans, races dégénérées… ainsi que les Pygmées du Congo ont été refoulés par les nègres Bantous. Ils pratiquent un fétichisme très arriéré… dans leur épaisse forêt. Là, ils mènent une vie errante de chasseurs. Ils sont farouches et souvent craints par les blancs et les noirs. Ils manient avec grande habilité l’arc et les flèches empoisonnées». Les stéréotypes à propos des Pygmées ont longtemps survécu: «Dans les régions les plus insalubres de la forêt vivent quelque 150.000 pygmées en voie de disparition»[25]. J. Tilmont affirme pendant près de 40 ans que les Pygmées ont des membres disproportionnés ce qui est une contre vérité destinée à les rapprocher des singes[26]. En ce qui concerne le mode de vie et la psychologie du «noir», on trouve dans les manuels des affirmations qui pourraient faire sourire si elles n’étaient pas destinées à être mémorisées et enseignées: «Le chef de famille abandonne aux femmes et aux esclaves domestiques les travaux de culture tandis que lui se réserve les deux plaisirs de la chasse et de la pêche (1909)[27] – Le nègre passe des heures et des journées à fainéanter, discuter bagatelles, danser, chanter. Il ne s’occupe guère des travaux agricoles laissant ces travaux aux femmes sauf dans les régions soumises à l’influence européenne ou arabe (1925)[28] – Le Bantou de la forêt a un caractère sombre, agressif, méfiant…Les nègres ne manquent pas d’intelligence quand il s’agit de comprendre et d’observer leur intérêt; mais l’esprit créateur et la faculté d’abstraction leur font totalement défaut… Dans ce milieu hostile, le nègre est sournois, batailleur. Il n’a guère d’initiative mais il possède beaucoup d’amour-propre et est doué d’un vrai sens de l’imitation[29]». L’image du «nègre»[30] véhiculée par le colonisateur n’est pas moins discriminatoire. On le dit paresseux, aimant rire, naïf, enfantin, chapardeur ou encore hypocrite et rusé.

L’espace public glorifie la colonisation

Les monuments commémoratifs sont un autre support des représentations embellies et héroïques de la colonisation. On peut citer la statue équestre de Léopold II (regi Belgarum), place du Trône à Bruxelles. L’œuvre du sculpteur Thomas Vinçotte (1850-1925), inaugurée en 1921, rend hommage au roi pour sa politique coloniale ou encore du même Vinçotte, le monument aux pionniers belges au Congo commandé en 1911, mais élevé seulement en 1921 dans le Parc du cinquantenaire, qui présente des reliefs glorifiant l’action bienfaitrice du colonisateur et valorise l’idée du «blanc» porteur de la civilisation et protecteur du «nègre». Le socle portait autrefois une inscription bilingue «L’héroïsme militaire belge anéantit l’arabe esclavagiste»[31]. Dans la même veine, je rappellerai le monument de Blankenberge dédié à Joseph Lippens et Henri-Auguste De Bruyne, deux militaires qui ont participé à ce qu’on a appelé la lutte anti-esclavagiste. Ces monuments mettent l’accent sur l’idée que cette lutte avait été l’objectif des expéditions belges et ignorent qu’elle ne fut en réalité qu’un alibi pour asseoir une domination politique et commerciale sur le bassin du Congo.[32]

En guise de conclusion

Il serait bon aujourd’hui de regarder le passé colonial en face, tel qu’il fut avec ce qu’il eut de positif et de négatif. Mais ceci n’est pas toujours évident. L’épisode de la place Lumumba en témoigne. Pendant des années, l’administration communale d’Ixelles a refusé à la communauté noire vivant à Matonge de donner le nom de Patrice Lumumba à une place de la Commune. Ce n’est que le 30 juin 2018, que ce vœu a été exaucé mais par la Ville de Bruxelles, dont le territoire s’étend aux confins de celui d’Ixelles; désormais, à l’entrée de Matonge, devant le square du Bastion, une petite place est dédiée au leader congolais, assassiné le 17 janvier 1961.

Il faudrait aussi de la part des colonisateurs une reconnaissance de l’histoire, des cultures et civilisations africaines antérieures à la colonisation; cette reconnaissance est liée à une restitution du patrimoine africain acquis pendant la colonisation (y compris les ossements humains qu’il serait légitime de rendre à leurs descendant·e·s)[33]. Cette question se pose singulièrement à la Belgique qui vient d’inaugurer l’AfricaMuseum (ex-Musée royal de l’Afrique centrale fondé à Tervuren par Léopold II). Réhabiliter les civilisations africaines, congolaises en particulier, contribuera à combattre et à effacer l’image négative des noir·e·s véhiculée pendant la période coloniale.

Pol Defosse, historien

 

[1] «Pour comprendre les racines du racisme, la société doit tirer les leçons de l’histoire et entrer en débat avec celles-ci» Michal Balcerzak dans Le Soir du 12 février 2019, p. 10 l’article de E. BLOGIE et M. THIEFFRY, La Belgique invitée à présenter ses excuses pour la colonisation.

[2] Voir l’article: https://ligue-enseignement.be/ manger-vegetal-ou-colonial-les-vrais-enjeux-delhistoire-de-la-colonisation/

[3] Notamment les chromos qui étaient insérés dans les emballages des chocolats Jacques.

[4] Sur le contexte international de la politique coloniale des pays européens et les motivations de Léopold II voir Guy VANTHEMSCHE, La Belgique et le Congo. L’impact de la colonie sur la métropole, Le CRI édition, 2010, p. 8 et sq.

[5] Né à Wetteren en 1846 et décédé à Bruxelles en 1918 (M. COOSEMANS dans Biographie coloniale, T. 1, 1948, col. 899-903).

[6] D’autres crânes, des statuettes, des fœtus sont conservés au Musée royal de l’Afrique centrale de Tervuren. Voir pour plus de détails Michel BOUFFIOUX, «L’histoire que nous raconte le crâne de Lusinga dans Paris Match du 21 mars 2018 et <www.michelbouffioux.be/lusinga>consulté le 2 novembre 2018.

[7] Maximilien Strauch (1829-1911). Très proche de Léopold II, il présida l’Association internationale du Congo et fut administrateur de l’État indépendant du Congo. En 1890, il démissionna car il désapprouvait la politique du Roi en ce qui concerne l’exploitation, au détriment des congolais, de l’ivoire et du caoutchouc (Biographie coloniale belge, T. III, 1952, col. 831-833)

[8] Texte cité par M. Bouffioux.

[9] On connaît les dérives abominables qu’elle eut sous le régime nazi.

[10] Les massacres des populations indigènes en Afrique furent nombreux. On peut rappeler celui des Héréros en Namibie en 1904. Les populations vivant sur ce territoire, accordé à l’Allemagne à la Conférence de Berlin, furent systématiquement exterminées par le général Lothar von Trotha ou emprisonnées dans des camps de concentration au point que certains historiens ont pu qualifier cette extermination de premier génocide du XXe siècle (Marie-France CROS dans la Libre Belgique du 18 octobre 2016, p. 21).

[11] VANTHEMSCHE, La Belgique et le Congo, p. 39-6. Léopold II recrutait des officiers des officiers belges mais aussi étrangers. Je citerai à titre d’exemple, Giovanni Aiuti (1860-1913) d’origine italienne qui participa à diverses expéditions contre les tribus révoltées et contribua jusqu’à sa mort à Stanleyville à la «pacification» du Congo. (C. PUGLIERI dans Biographie coloniale belge, T. 1, s.v.)

[12] J. STENGERS, Congo. Mythe et réalité. 100 ans d’histoire, 2e éd. Bruxelles 2005

[13] Patrice LUMBA, Premier ministre et ministre de la défense nationale de la République du Congo à la cérémonie de l’Indépendance à Léopoldville le 30 juin 1960. (Textes et Documents, n° 123 Ministère des Affaires étrangères, Bruxelles)

[14] Déclaration au journal Le Soir (Lundi 6 décembre 2018, p. 19).

[15] Zoos humains. L’invention du sauvage. Dir. Pascal BLANCHARD, Liège, Centre d’Action Laïque, 2016, 63 p., nombr. ill.

[16] Que diraient aujourd’hui nos aïeux des blancs adeptes aujourd’hui du tatouage!

[17] A Yvoir, en 2002, une exhibition de Pygmées bakas camerounais dans un domaine où sont exposés des animaux, fit scandale (La Libre Belgique du 6 août 2002).

[18] Les textes cités ci-dessous sont extraits d’Edouard VINCKE, Géographes et Hommes d’ailleurs. Analyse critique de manuels scolaires, Bruxelles, Commission française de la Culture de l’Agglomération de Bruxelles. 1985 (Collection Document n°28).

[19] M.G. ALEXIS (Abbé), Cours supérieur de géographie, 2 éd., Liège, Dessain 1880, p. 212

[20] La Procure, Le monde moins l’Europe, Namur 1948, p. 19 (ouvrage destiné à l’enseignement primaire)

[21] J. CHOT, Le monde moins l’Europe, 1924, p. 98

[22] La Procure, La Belgique et le Congo belge, Namur 1958, p. 92

[23] P. FESTRE et alii, La géographie à l’école primaire, Jemappe 1937, pp. 108

[24] F. CAMERLINCKX et alii, Le monde moins l’Europe, Jemappe, 1959, p. 36.

[25] P. HANCISSE, Douze milliards d’hommes, Namur, La Procure, 1979, p. 177

[26] TILMONT J., Le Monde moins l’Europe, 1948, p. 21 et ID, Les Continents, 1973, p. 33

[27] E. STEENACKERS, Le Congo belge, Bruxelles 1909, p.24

[28] A. JACQUEMIN, La Belgique et le Congo belge, 1925, p. 179

[29] J. TILMONT, La Belgique et le Congo, 1939, p. 261- 262 et L’Afrique et l’Asie, 1971, p. 82

[30] Racisme. Continent obscur. Clichés, stéréotypes, phantasmes à propos des noirs dans le royaume de Belgique, Coopération par l’Éducation et la Culture-Le Noir du Blanc/Wit over Zwart, 1991, p. 83-85

[31] En 1989, le mot «arabe» a été martelé. Aujourd’hui l’inscription a complètement disparu

[32] VANTHEMSCHE, La Belgique et le Congo, p. 39

[33] «Quatorze crânes congolais au cœur du débat» dans Le Soir, samedi-dimanche 16-17 février 2019, p. 8.