L'école, à quel prix?

Début septembre, par un tour de passe-passe médiatique, la ministre de l’Éducation annonce à sa collègue, la ministre-présidente chargée du Budget, que l’enseignement a « fait sa part ». Alors qu’il représente près des trois quarts du budget de la Fédération Wallonie-Bruxelles, le secteur absorbe une large part des économies décidées par le gouvernement MR-Les Engagés. Sur les 255 millions d’euros prévues pour le budget 2026, 86,7 millions concernent l’enseignement obligatoire et 11 millions, l’enseignement supérieur. Dans le supérieur, l’essentiel de l’effort passe par le minerval. Dans l’enseignement obligatoire, il se traduit notamment par le passage à 22 périodes, la révision du régime de maladie, la limitation de la mise en disponibilité et le resserrement des décharges pédagogiques.

Aux marges des bilans comptables se jouent des choix politiques qui engagent l’ensemble de la société : quel prix voulons-nous donner à l’école ? Le cadre financier que nous fixons à l’école d’aujourd’hui détermine en partie les conditions dans lesquelles se forment les citoyennes et citoyens de demain.

Pour sortir la question du coût de sa seule dimension comptable, nous avons donné la parole à des membres du corps enseignant, à des associations et à des chercheuses et chercheurs. « La gratuité scolaire n’est pas une dépense, c’est un investissement », rappelle le Défenseur des droits de l’enfant dans un grand entretien. Même en raisonnant strictement en termes comptables, l’OCDE souligne qu’un « niveau d’instruction plus élevé se traduit généralement par des revenus supérieurs et, pour les pouvoirs publics, par davantage de recettes fiscales et sociales ».

À la question du coût de l’école, le droit apporte sa réponse : la gratuité. Une promesse encore inachevée, faite de conquêtes, de principes et de renoncements, dont nous remontons le fil dans une analyse historique. Inscrite dans la Constitution, la gratuité ne se contente pas d’alléger la facture des parents. Elle porte une conception de l’école et contribue à définir ce qu’elle rend possible pour toutes et tous.

Un dossier réalisé par Timothé Fillon et Marie Versele, secteur communication 

N°
203
septembre 2026