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Désobéissance civile et lutte environnementale: une longue histoire

Désobéissance civile et lutte environnementale: une longue histoire
Sommaire du dossier
La désobéissance civile et l’action directe non violente dans la lutte pour la protection de l’environnement ne sont pas nées avec Extinction Rebellion.
Climat: désobéir pour faire bouger les lignes

Si l’on refait l’histoire de la désobéissance civile, on ne peut pas passer à côté de Greenpeace. En septembre 1971, 14 militant·e·s pacifistes et écologistes issus du Canada et des États-Unis embarquent à bord d’un chalutier pour empêcher des essais nucléaires prévus au large de l’Alaska. Et il y arrivent. Cette action signe la naissance de l’ONG Greenpeace – écologistes et pacifiste – qui depuis a multiplié les actions de désobéissance civile en vue de lutter contre les OGM, la surpêche, ou le nucléaire.

Retour en Belgique. En mars dernier a eu lieu à Bruxelles une grande action de désobéissance civile. ONG, jeunes activistes du climat et mouvements citoyens prenaient leurs quartiers Rue de la Loi pour exiger une loi spéciale sur le climat. L’action Occupy For Climate a duré plusieurs jours. Si l’on remonte encore un peu dans le temps, on croise la route d’EZLN, l’ensemble zoologique de libération de la nature, né dans le cadre des Climate Games, plateforme qui rassemble des actions non-violentes et de désobéissance civile menées dans le monde entier en marge de la COP21 en 2015.

Cette brigade animale qui compte pour seules armes des branchages a envahi un concessionnaire Volkswagen ou encore une agence Fortis, pour dénoncer la place et l’influence énorme des multinationales et des lobbys. Ce groupe a ensuite mené plusieurs actions contre le TTIP (partenariat transatlantique de commerce et d’investissement). En juillet dernier, L’EZLN, a fait une visite-surprise à la Tour des Finances pour exiger la fin des voitures de société. La brigade animale recouvre les lieux de feuilles ou de paille, exécute un haka et crie son slogan «Nous ne nous battons pas contre la nature, nous sommes la nature qui se défend», avant de prendre la fuite.

«Le masque ou le déguisement est le signe qu’on a dû faire les rigolos pour être pris au sérieux. On veut que les gens trouvent notre action drôle en vue de les sensibiliser à notre message politique», expliquait le sous-commandant Pingouin dans les pages d’Alter Echos en 2016[1].

Leur démarche n’est pas sans rappeler celles des artivistes, artistes et activistes qui réinventent des formes de protestation, avec humour et créativité. Parmi ceux-ci, on compte des brigades de clowns dans le monde entier. John Jordan en est une figure de proue. Il a cofondé L’Armée clandestine de clowns rebelles insurgés (Clandestine Insurgent Rebel Clown Army) en 2004. «CIRCA vise à rendre l’art de la pitrerie à nouveau dangereux, à le ramener dans la rue, à se réapproprier son pouvoir de désobéissance et à lui rendre la fonction sociale qui fut la sienne: sa capacité à perturber, critiquer et guérir la société», témoignait-il dans la revue Vacarme en 2015[2].

C’est lui aussi qui est à l’origine de Reclaim The Street, mouvement de réappropriation des espaces publics né en Angleterre en 1994. Ce mouvement, doté d’une redoutable imagination, a multiplié les actions surprise, de la transformation d’une rue en grand carnaval improvisé à l’occupation d’autoroutes pour y planter des arbres.

Selon la Convention citoyenne pour le Climat, «il faudrait que sur la période 2020 – 2030, les engagements pris par les états soient trois fois plus ambitieux, pour avoir une chance que le réchauffement à long terme soit inférieur à 2°C (et il faudrait pour cela que ces engagements soient multipliés par 5 pour 1,5 °C)».

Dossier coordonné par Juliette Bossé, secteur communication – article ci-dessus écrit par Manon Legrand, journaliste

 

Ainsi, face à l’inaction des politiques, on assiste depuis fin 2018 à une recrudescence d’actions de désobéissance civile regroupant des citoyens et citoyennes qui tentent de faire bouger les lignes… aperçu!

[1] www.alterechos.be/ ezln-on-a-du-faire-les-rigolos-pour-etre-pris-au-serieux

[2] Publiée dans Vacarme 31, printemps 2005, pp. 34-37. En ligne: https://vacarme.org/article1265.html.