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Intelligence Artificielle: pourquoi il faut toujours cultiver l’Intelligence Humaine – Entrée en matière

Intelligence Artificielle: pourquoi il faut toujours cultiver l’Intelligence Humaine – Entrée en matière
On appelle Intelligence Artifi cielle (qu’on abrègera en IA) «l’ensemble des théories et de techniques mises en oeuvre en vue de réaliser des machines capables de simuler l’intelligence humaine[1] ». Rêve ancien, auquel sont associés une
histoire et des noms prestigieux : invention du boulier, mise au point d’une calculatrice rudimentaire par Pascal (1642), projet de «machine analytique» programmable par Babbage et Lady Lovelace (1840).

Sommaire du dossier

L’IA du 20e siècle…

Intelligence Artificielle: pourquoi il faut toujours cultiver l’Intelligence Humaine

Dans les années 30, le mathématicien et logicien Turing théorise la possibilité de séquencer tout calcul en une série d’instructions mécaniques réalisables par une machine. La construction d’un tel engin, rendue possible par l’électronique, démarre. Les ordinateurs commencent à montrer une puissance de calcul efficace pendant la Deuxième Guerre (déchiffrage des messages codés allemands), et se développent industriellement après-guerre.

Après une brève période où les spécialistes pensent possible de construire un robot qui puisse nous faire la conversation, tâche bien plus difficile qu’escompté, on revient dans les années 80 à des appareils effectuant automatiquement le traitement de l’information – ce qu’on appelle désormais informatique. En 2000, l’IA est donc essentiellement sous forme d’ordinateur.

…et du 21e : apprentissage machine, apprentissage profond

Un ordinateur peut-il reconnaître un dauphin sur une photo qu’il n’a jamais vue? Le problème de la reconnaissance (images, sons) est simple pour un enfant de 3 ans; en 2000, il est hors de portée des machines, mais crucial pour l’IA. Grâce à la convergence de progrès techniques d’une part, de financements et de données apportés par les géants d’internet d’autre part, «l’apprentissage machine» et «l’apprentissage profond» permettent cette performance.

Grâce à une analyse multi-niveaux (d’abord les détails, puis les ensembles de détails, et enfin la forme générale), le programme associe un ensemble de nombres au dauphin. En travaillant sur d’autres images, il ajustera ses paramètres pour mieux définir ce qu’est cet animal. En traitant ainsi des milliers d’images, il pourra ranger dans la catégorie «dauphin» une photo qu’il n’a jamais vu! Et ainsi pour les tulipes, les panthères et les clarinettes. Autrement dit, la machine est capable d’apprendre toute seule à partir d’exemples! C’est cette possibilité d’apprentissage, tout à fait inimaginable jusqu’aux environs de 2012, qui donne à l’ordinateur une grande souplesse face à des situations inédites. Ceci ouvre des perspectives immenses (diagnostics, reconnaissance vocale, voiture sans chauffeur …) et remet l’IA sur le devant de la scène depuis quelques années.

Nous commencerons par nous poser la question: l’IA est-elle vraiment intelligente? Est-elle capable de créativité, d’adaptation? Pourra-t-elle vraiment dépasser l’intelligence humaine?

Intelligente ou non, l’IA accomplit des prouesses impressionnantes bouleverse déjà notre quotidien, et nous inquiète. La science-fiction, avec ses robots tueurs, avait-elle raison? Nous verrons que les menaces plausibles sont plus indirectes, et devraient nous inciter à réfléchir aux pouvoirs que nous déléguons aux machines.

Que faire pour préparer les enfants au monde de demain transformé par l’IA? Que doit-on faire à l’école? Quand la seule chose sûre quant à l’avenir est qu’on n’est sûr de rien, cultiver l’intelligence humaine sous toutes ses formes doit plus que jamais être l’objectif d’une société qui prétend prendre soin de ses enfants.

[1] . Encyclopédie Larousse en ligne: www.larousse.fr/ encyclopedie/divers/intelligence_artificielle/187257.

 

 

Dossier réalisé par François Chamaraux, Docteur en physique, enseignant en sciences et mathématiques