Un rôle futur?

Samedi 10 décembre 2022

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Photo by Delia Giandeini on Unsplash
Patrick Hullebroeck, Directeur

Dans son dernier livre 1 , François Gemenne, un spécialiste du climat et des questions migratoires, constate les limites de la démocratie représentative, basée sur la logique majoritaire s’exprimant dans un cadre national, pour s’attaquer de manière effective
à un problème par essence cosmopolitique comme le changement climatique, dont les solutions, nécessairement complexes et transformatrices, divisent plus qu’elles ne rassemblent.

Loin d’en appeler à une évolution autoritaire, François Gemenne invite à renforcer le pouvoir d’action de la société et à revivifier le débat démocratique en s’appuyant sur les minorités agissantes, qu’elles soient militantes, scientifiques ou dans les entreprises, sur un renouvellement de la représentation (on pense par exemple au «parlement des choses» de Bruno Latour), sur une réinterprétation de la liberté, repensée dans un sens moins individualiste et plus collectif, en relation avec le droit des générations futures de
vivre dans un environnement «viable».

Le spectacle de la relative impuissance de l’humanité à prendre conscience des implications du changement climatique et à agir concrètement de façon
concertée, jette une ombre sur la capacité des êtres humains à prendre la responsabilité de leur devenir. Pour autant, ce n’est certainement pas une moindre
intelligence des problèmes, une plus grande obéissance ou une passivité consentante des populations qui atténueront ou éviteront la catastrophe annoncée. Bien au contraire.

A l’âge de l’anthropocène, où le milieu de vie dans son entier a été artificialisé et évolue sous l’influence du facteur humain, il n’est d’autre recours à l’être humain, pour faire évoluer la situation, que d’être lui-même et d’agir en faisant librement un usage public
de sa capacité de raisonner.

Que de nouvelles formes du débat public soient nécessaires (pensons aux conventions citoyennes participatives) et que l’éducation ait une part importante à jouer dans ces évolutions me semble indéniable. Dans l’enseignement lui-même comme dans la so-
ciété, s’appuyer sur les minorités agissantes, renouveler les formes de la représentation et de la participation, revisiter l’éthique de la liberté à la lumière de ces enjeux planétaires, semblent être des pistes intéressantes à suivre. Pour l’enseignement officiel
en particulier. Ces pistes pourraient-elles aussi inspirer un rôle futur pour la Ligue?

1. L’écologie n’est pas un consensus, éd. Fayard, 2022

 

déc 2022

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