Les Dragons, de Jérôme Colin

«Penche-toi sur ton passé. Répare ce que tu peux réparer. Et tâche de profiter de ce qui te reste.» Philip Roth
Jérôme, la trentaine, se retrouve seul après dix ans de vie commune. Un moment de solitude et d’introspection où il replonge dans son adolescence. À quinze ans, en colère contre ses parents, l'école et la terre entière, Jérôme décroche et s’évade de ce monde sinistre en fumant des joints sous les riffs entêtants d’Eminem. À la suite d’une décision de justice, il sera interné dans un centre de soins psychiatriques pour adolescent·es. C'est là qu'il fera la rencontre des «dragons», ces jeunes en souffrance souvent détruits par la violence familiale, scolaire ou sociale.
À la frontière entre autofiction et récit documentaire, Jérôme Colin dresse un portrait saisissant du mal-être adolescent contemporain. Il y dénonce une société axée sur la consommation et la performance, qui broie ces jeunes en manque de repères et de perspectives d’avenir. Au-delà de la nécessaire prise en charge thérapeutique des jeunes, l'auteur pointe avec justesse l'augmentation alarmante de ces placements et le sentiment d'isolement des jeunes renforcé par la pandémie.
Les Dragons est un cri d'alarme qui explore l’amplitude de la souffrance des jeunes et qui donne une voix à ces adolescent·es invisibles, tout en rendant hommage aux soignant·es qui œuvrent quotidiennement à leurs côtés. À lire!

