OSONS !
Mercredi 1 avril 2026

« À l'amour comme à la guerre », chantait l’acteur français Philippe Léotard il y a quelques années. Faut-il choisir entre les deux, dans ce monde ravagé par tant de menaces et de conflits ? Parler de la guerre aujourd'hui est devenu un fait banal, voire à la mode. Allumez votre télé, prenez votre journal, on ne parle que de ça ! Cela fait vendre… On enlève un président, on attaque un pays sans aucune légitimité internationale... sans même que les objectifs soient explicités.
O… N… U… : ces trois lettres ne sont plus qu’un vieux tag qui s’efface sur un mur qui s’effrite. Et comme le chante Orelsan : « tout va bien, tout va bien ». Mais où allons-nous ?
Les lois d’avant sont bafouées et foulées au pied par quelques individus qui se comportent comme des enfants gâtés, sous-doués, inadaptés sociaux, que personne n’a jamais osé remettre à leur place. Et le monde a toujours tourné de l’œil lorsque ces gamins qui n’ont pas mûri ont décidé de prendre les manettes.
Comme l’explique le physicien et philosophe Aurélien Barrau, nous assistons aujourd’hui à « la super-prédation de la civilisation occidentale qui s’exhibe au grand jour » : nous saute enfin au visage le fonctionnement de notre culture, qui date, mais qui est aujourd’hui assumé, révélé en plein jour. « C’est une épiphanie de vérité », ajoute-t-il. « Trump nous ressemble ».
Alors, choisir entre l’amour et la guerre revient à choisir entre la pulsion de vie et la pulsion de mort, car « exister, c’est s’extraire, s’autoriser à être, déjouer l’attendu », dit encore le physicien. La méta-opposition, c’est entre le poétique et le prosaïque, entre la communication et la communion : le poétique, le Beau, n’est pas une décoration, c’est la vie, c’est l’essentiel, c’est ce qui nous définit ; ce qui fait le sens de l’existence.
Alors, osons asseoir la beauté sur nos genoux, selon l’expression de Rimbaud ; osons refuser cette laideur du monde qui nous est offerte chaque jour : osons repenser ce « Nous » dont l’écrivain Zamiatine pressentait la mise en danger dans son roman dystopique du même nom.
Osons la beauté !
Osons !
Jacques Martel, Directeur
Pour écouter en entier l’entretien avec Aurélien Barrau :



