Actualité: Racisme

Animation et outil pédagogique sur le racisme à l’école

Animation et outil pédagogique sur le racisme à l’école

«Jamais de la vie je n’oublierai comment l’école m’a broyée, m’a poussée à la honte de moi-même et de mes parents, le racisme que j’y ai subi, les stéréotypes qui ont guidé leur perception de moi». 1
Marie Dasylva

«Jamais de la vie je n’oublierai comment l’école m’a broyée, m’a poussée à la honte de moi-même et de mes parents, le racisme que j’y ai subi, les stéréotypes qui ont guidé leur perception de moi».[1]
Marie Dasylva

Que ce soit dans les classes, les cours de récréation ou la salle des professeurs, le racisme est omniprésent à l’école. Et il est loin de se réduire aux seuls actes et discours de haine manifestes, aux insultes, moqueries ou agressions. Il prend bien souvent des formes plus subtiles et se cache derrière certaines remarques ou attitudes a priori neutres, voire bienveillantes. Or, les contacts avec les acteurs et actrices du monde de l’école mettent en lumière une importante méconnaissance à la fois de l’ampleur des violences racistes à l’école mais également des multiples formes que ces violences peuvent prendre. Afin d’outiller le corps enseignant pour comprendre et se responsabiliser, Bepax propose une courte animation et un outil pédagogique.

Un vécu collectif difficile à démontrer

Dans un récent rapport de la Fondation Roi Baudoin relatif aux Belgo-Congolais, Belgo-Rwandais et Belgo-Burundais en Belgique[2], les répondant·e·s ont presque systématiquement mis en avant le fait que leurs premières expériences de racisme se sont déroulées à l’école primaire. Cela prend la forme de blagues, de questions, de remarques ou d’insultes en lien avec leur couleur de peau. C’est donc à l’école que les jeunes enfants racisés sont bien souvent renvoyés pour la première fois à une altérité. À un âge où l’on ne dispose pas de clés de compréhension suffisantes, ces renvois à «l’étranger» et cette assignation à une couleur sont une terrible violence dont le personnel scolaire ne comprend généralement ni l’ampleur, ni les conséquences.

C’est ensuite «au niveau du secondaire que l’essentiel des expériences de racisme est rapporté et associé à des discriminations de la part des adultes et, ou à l’institution scolaire en tant que telle»[3]. Interviennent alors les représentations racistes liées notamment à la moindre intelligence des Africain·e·s. Les personnes interrogées soulignent que ces imaginaires et représentations racistes produisent des effets concrets qui peuvent prendre différentes formes: être moins susceptibles de pouvoir s’exprimer en classe, faire l’objet de moins d’attention de la part des professeur·e·s, ressentir une différence de traitement dans la manière d’être évalué·e ou encore être plus rapidement orienté·e vers des filières techniques ou professionnelles[4].

Toutefois, ces différents constats ont généralement tendance à être relativisés, voire balayés d’un revers de main. Ils sont désignés comme étant avant tout des «ressentis individuels». À ce sujet, le rapport de la Fondation Roi Baudoin insiste sur un élément central mis en avant dans la quasi-totalité des entretiens: «le caractère non immédiatement intelligible, voire l’indiscernabilité, de la discrimination. (…) parce que la discrimination est non assumée et implicite, il leur est parfois difficile de savoir s’ils sont discriminés ou non, et a fortiori de le ‘prouver’».[5]

Former les professeur.es et encadrant.e·s scolaires

Il est essentiel d’outiller les acteur·trices du monde scolaire afin de comprendre pour agir. à partir d’une série de situations concrètes issues du monde de l’école, notre outil pédagogique propose des clés de compréhension, des balises pour s’orienter. Il vise avant tout à outiller le corps enseignant dans les interactions interindividuelles afin de pouvoir comprendre, prévenir et réagir face aux violences racistes à l’école. Lors d’une courte animation nous vous présenterons notre outil pédagogique et reviendrons sur les principales balises théoriques nécessaires à sa bonne utilisation.

Nicolas Rousseau, Bepax


Infos pratiques:

  • Des dates déjà programmées

Public cible? Cette animation s’adresse aux professeur·e·s, encadrant·e·s et membres de Direction des écoles primaires et secondaires.

Où? Dans nos locaux, Chaussée Saint-Pierre 208, Etterbeek. Plusieurs dates sont programmées dans les prochains mois: 24 novembre et 1er décembre.

Horaire? 14h – 16h30

Inscriptions? L’inscription est obligatoire. Merci de vous inscrire via l’adresse nicolas. rousseau@bepax.org, en précisant la date à laquelle vous souhaitez vous inscrire.

Ces animations sont réalisées avec le soutien d’Equal Brussels.

  • Possibilité de choisir une autre date Vous êtes plusieurs personnes actives dans le monde de l’école et intéressées par cet outil et cette thématique? N’hésitez pas à nous contacter. Nous pourrons choisir ensemble une date qui vous arrange.

 

Plus d’infos: https://www.bepax.org/actualites/formation-a-l-outil-pedagogique-racisme-a-lrecole-comprendre-pour-agir.html


 

[1] Marie Dasylva, Twitter

[2] Demart S., Schoumaker B., Godin M., Adam I. (2017), «Des citoyens aux racines africaines: un portrait des Belgo-Congolais, Belgo-Rwandais et Belgo-Burundais», Fondation Roi Baudoin, Bruxelles.

[3] Idem.

[4] À ce sujet, voir notamment Unia, Baromètre de la Diversité: Enseignement (2018), et Géraldine André, Alejandra Alarcon-Henriquez et Steven Groenez, «Orientation et stéréotypes», Recherche et formation [En ligne], 89 | 2018.

[5] Idem.