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Renforcer la formation des jeunes et des demandeurs d’emploi… en articulation avec les besoins des entreprises

Renforcer la formation des jeunes et des demandeurs d’emploi… en articulation avec les besoins des entreprises
De nombreuses avancées essentielles relatives à l’enseignement qualifiant, à la formation et à l’emploi ont été engrangées dans le cadre du gouvernement inter-francophone (FWB, RW, RBC, COCOF).

Ces développements permettront d’améliorer de manière significative le paysage francophone de l’enseignement et de la formation professionnelle vers plus d’harmonisation, de visibilité, de lisibilité et, in fine, d’efficacité grâce à une clarification et une simplification des structures et dispositifs, ainsi qu’un lien beaucoup plus étroit avec le monde de l’entreprise.

Les objectifs poursuivis par les gouvernements, en Wallonie et à Bruxelles, sont les suivants :

  • une école qualifiante et une formation professionnelle ancrées dans la réalité des métiers et axée sur les métiers en devenir ;
  • une école qualifiante et une formation professionnelle qui forment les techniciens de demain au meilleur niveau ;
  • un meilleur pilotage de l’école qualifiante et de la formation professionnelle des adultes au niveau des bassins Enseignement qualifiant – Formation – Emploi en fonction de leurs caractéristiques socio-économiques spécifiques.

Pour concrétiser ces objectifs, des nouveautés ont été approuvées par les gouvernements.

Les bassins, des coupoles stratégiques

En avril 2014, les parlements de la Région wallonne, de la Fédération Wallonie-Bruxelles et de la Commission communautaire française adoptaient le décret relatif à la mise en œuvre des bassins Enseignement qualifiant – Formation – Emploi.

Ces bassins ont pour mission de renforcer les articulations et les synergies en matière de formation, d’enseignement et d’emploi par le développement de projets conjoints et par la recherche d’une cohérence optimale entre l’offre de formation, ainsi que d’enseignement, et les besoins socioéconomiques identifiés. C’est dans le cadre de ces bassins que les offres complémentaires de stages en entreprises et d’investissements des entreprises dans les écoles, et avec les opérateurs de formation, seront discutées et planifiées.

Le territoire wallon et bruxellois a été divisé en 10 bassins. Chacun de ceux-ci sera piloté par une Instance composée, de manière équilibrée, par des représentants issus de l’enseignement, de la formation professionnelle, de l’emploi, de l’insertion socioprofessionnelle, et des partenaires sociaux.

Il s’agit ainsi de favoriser une dynamique de partenariat entre ces différents acteurs au sein de chacun des 10 bassins.

Ces bassins se concrétisent véritablement et presque tous ont été officiellement installés. Tous sont, dans les faits, pleinement opérationnels depuis la désignation officielle des présidents le 26 février dernier.

Offres et besoins

Un groupe de travail technique, piloté par l’IWEPS (Institut Wallon de l’évaluation, de la prospective et de la statistique) et l’IBSA (Institut bruxellois de statistiques et d’analyses), a été mis en place en juin 2014 et réunit des experts et techniciens des administrations concernées, des conseils économiques et sociaux, des membres des instances bassins, ainsi que des représentants des cabinets. Ce groupe a préparé les travaux de diagnostic et les différentes ressources à mettre à la disposition des instances.

Les travaux de ce groupe ont été orientés dans trois directions:

  •  identifier et faire un premier relevé des ressources disponibles et nécessaires afin de permettre aux instances de réaliser leurs missions. Les informations recueillies et partagées portent sur l’offre de formation et d’enseignement existante (cadastres et cartographies), la fréquentation ou la certification, sur les besoins socioéconomiques, les métiers critiques, les métiers émergents, ou encore les tendances de l’emploi, la situation démographique, etc. ;
  • construire un schéma global « idéal » permettant de structurer le champ à analyser ;
  • proposer un canevas et des orientations méthodologiques harmonisées pour le rapport analytique et prospectif à réaliser par chaque instance sur une base annuelle (le premier rapport est attendu pour mars 2015).

L’Office francophone de la Formation en alternance

L’enseignement en alternance est considéré comme une filière d’excellence et pour continuer à soutenir ce mode d’apprentissage, l’une des priorités des trois gouvernements est la mise en place de l’Office francophone de la Formation en alternance (OFFA) et l’harmonisation des statuts et contrats des apprenants.

L’objectif est l’amélioration de la qualité de la formation en alternance notamment par :

– la création de l’Office francophone de la Formation en Alternance (OFFA), structure unique de pilotage de l’alternance ;

– la création d’un statut unique du jeune en alternance (15–25 ans) ;

– l’utilisation d’un contrat d’alternance commun aux opérateurs ;

– l’organisation d’un bilan d’orientation pour les jeunes souhaitant s’inscrire pour la première fois auprès d’un opérateur de formation en alternance, accompagné, le cas échéant, d’un programme de remédiation ;

– l’amélioration de l’encadrement du jeune en entreprise ;

– la mise en place d’un plan de formation découpé en trois ensembles d’acquis d’apprentissage correspondant à trois niveaux de compétences, associés à trois niveaux de rétribution ;

– la révision du système de primes aux opérateurs ainsi qu’aux entreprises et la mise en place d’incitants financiers spécifiques à l’alternance.

Le premier Contrat commun d’alternance pour les jeunes en formation

Les gouvernements ont approuvé la proposition de contrat commun d’alternance aux élèves des Centres d’Education et de Formation en Alternance (CEFA) (enseignement obligatoire) et aux jeunes suivant leur formation à l’Institut de Formation en Alternance des Petites et Moyennes Entreprises (IFAPME) ou au Service de Formation Petites et Moyennes Entreprises (SFPME).

Ce contrat permet un statut unique du jeune en alternance, qu’il soit dans l’enseignement qualifiant ou en formation professionnelle, favorisant l’égalité entre tous les apprenants et une meilleure lisibilité pour les entreprises.

Le contrat d’alternance règle les droits et obligations de l’apprenant en alternance et de l’entreprise au niveau de la formation pratique effectuée en entreprise. Il contient un plan de formation élaboré par l’opérateur de formation, par l’intermédiaire du référent, et concerté avec l’entreprise et l’apprenant en alternance. Ce plan identifie au mieux le parcours individuel de formation de l’apprenant en alternance, en fonction des compétences initiale de l’apprenant, et les compétences à acquérir conformément aux profils de formation produits par le Service francophone des Métiers et Qualifications.

Ce plan est découpé en 3 niveaux et la rémunération de l’apprenant est évolutive en fonction du niveau atteint. Le contrat d’alternance est conclu pour une durée déterminée en fonction de la formation pratique offerte par l’entreprise dans le cadre de l’exécution du plan de formation. Ce contrat commun remplacera la Convention d’Insertion Socioprofessionnelle des CEFA et le Contrat d’Apprentissage de l’IFAPME et du SFPME.

Le SFMQ

Au travers d’un renforcement de son efficacité et de sa simplification, le Service francophone des Métiers et des Qualifications va tripler le nombre des Profils de formation qu’il est en train d’élaborer.

Le SFMQ a été créé autour d’un objectif partagé : renforcer les liens entre le monde du travail et les professionnels de la formation et de l’enseignement qualifiant, ainsi qu’avec le consortium de validation des compétences.

Ce service a notamment en charge l’élaboration de Profils de formation articulés aux Profils métiers. Les Profils de formation sont les référentiels communs auxquels les opérateurs d’enseignement qualifiant et de formation professionnelle adossent leurs programmes d’enseignement ou de formation. Ceci doit permettre la mise en place de passerelles inter-opérateurs garantissant la prise en compte des acquis de chaque apprenant, quel que soit son parcours d’apprentissage.

Sur proposition du SFMQ lui-même, il a été proposé de remplacer l’accord de coopération de 2009 afin de simplifier les procédures  et de mettre le SFMQ en lien avec l’accord de coopération sur le cadre francophone des certifications et avec celui des bassins enseignement qualifiant-formation-emploi.

La production du nombre de profils de formation va également être accélérée. Les gouvernements ont en effet demandé au SFMQ de leur présenter au moins 30 profils de formation en 2015 ; au moins 35 profils de formation en 2016 ; et au moins 40 profils de formation en 2017.

Le rythme va ainsi être considérablement accéléré pour aboutir à près de 150 profils finalisés en 2017, alors qu’il tournait autour d’une production auparavant de 15 profils par an.

Les gouvernements souhaitent qu’une priorité soit accordée aux métiers porteurs d’emploi, aux métiers émergents et aux métiers en pénurie. Une priorité devra également être réservée aux métiers qui font déjà l’objet de formations initiales afin que notamment l’IFAPME, le SFPME et l’enseignement qualifiant puissent mettre à jour leur offre de formation.

Une harmonisation de la certification

Chaque opérateur d’enseignement et de formation va mettre en œuvre les UAA (unités d’acquis d’apprentissage) inscrites dans les profils de formation du SFMQ. Le but est qu’ainsi l’apprenant puisse faire reconnaître les UAA validées par un opérateur chez un autre opérateur, s’il décide de poursuivre ou de reprendre sa formation en changeant d’opérateur.

Le cadre francophone des certifications (CFC) pour l’éducation et la formation tout au long de la vie vise :

– à favoriser la continuité et la progressivité des parcours d’apprentissage des citoyens ;

– à accroître la lisibilité des certifications de la Fédération Wallonie-Bruxelles, de la Wallonie et de la COCOF ;

– à renforcer la qualité intrinsèque des processus d’enseignement, de formation et de validation des compétences, en veillant à l’adéquation du positionnement de chaque certification à un niveau donné du cadre ;

– à favoriser la mobilité des apprenants dans l’espace francophone, belge et européen.

Enfin, de nouvelles Conventions sectorielles en matière d’enseignement, de formation et d’insertion socioprofessionnelle formalisent les engagements conjoints de la Région wallonne, de la Fédération Wallonie-Bruxelles et des secteurs professionnels pour soutenir l’enseignement, la formation professionnelle et, in fine, l’emploi

Les conventions cadres permettent la mise en place de conventions spécifiques entre les secteurs et les opérateurs de la formation et l’emploi, d’une part, l’enseignement, d’autre part, qui donnent lieu à des projets concrets associant l’entreprise et les opérateurs de formation, d’insertion et d’enseignement, axés sur le renforcement de stages, d’immersion, de formation en alternance, de formation des enseignants en entreprise, de formation des travailleurs dans les centres de compétence, etc.

En février, une convention avec le secteur de la coiffure a été signée et d’autres suivront avec les secteurs de l’agro-alimentaire, du bois, de la chimie et de la pharmacie, et de l’esthétique. Les prochains secteurs qui seront contactés sont le secteur vert, celui de la pierre et du commerce.

Les Gouvernements et le Collège vont étudier la meilleure manière d’étendre à Bruxelles ces conventions actuellement passées entre la Wallonie, la Fédération Wallonie-Bruxelles et les secteurs.

 

Valérie Silberberg, responsable du secteur Communication

Sources :

http://www.joellemilquet.be/2015/02/enseignement-qualifiant-formation-professionnelle-et-formation-en-alternance-des-etapes-decisives-pour-renforcer-la-formation-des-jeunes-et-des-demandeurs-demploi-en-articulation-avec-les/ ;

– Le Soir et La Libre Belgique, février et mars 2015.