On m’appelle Demon Copperhead, de Barbara Kingsolver

«Ça m’a pas mal sonné, de voir qu’aucune tristesse quelle qu’elle soit, n’empêchera le monde de tourner. Chacun poursuit son petit chemin, et toi tu te démerdes.»
Demon Copperhead fait une entrée fracassante dans le monde. Né à même le sol dans un mobil-home au fin fond des Appalaches en Virginie, d'une mère toxicomane de seize ans et d'un père disparu, son avenir semble plus que mal engagé. Avec sa mère junkie, la pauvreté et ses origines Melungeon (lignée métissée où se mêlent Amérindiens, Afro-Américains et Européens), Demon coche toutes les cases du rejet social et de la précarité. De services sociaux défaillants en familles d'accueil cupides, Demon devra affronter les pires épreuves de la vie : le deuil, la faim, les passages à tabac et enfin l’enfer de l'addiction aux opioïdes.
A travers son roman, Barbara Kingsolver transpose le chef-d'œuvre de Charles Dickens, David Copperfield, dans l'Amérique rurale contemporaine des Appalaches. On m’appelle Demon Copperhead narre le destin d’un enfant qui grandit dans les pires conditions et évoluant dans l’univers méprisé des Redneck, ces Américains pauvres et blancs des zones rurales voués à devenir alcooliques et, par nature, simplets. Pourtant, à chaque étape de sa tragique épopée ce sera l'instinct de survie de Demon qui triomphera.
Malgré sa longueur et son côté parfois misérabiliste, On m’appelle Demon Copperhead est une mise en abyme magistrale des injustices contemporaines vécues par ceux qu’on ne veut pas voir.


