Communiqué de presse mai 2026 - La Ligue de l'Enseignement alerte : l'augmentation de la charge horaire des enseignant·es menace l'équilibre du système éducatif

mai 2026

Image pour un communiqué de presse d'une classe avec une horloge

Bruxelles, 13 mai 2026 - La Ligue de l’Enseignement et de l’Éducation permanente dénonce avec force la décision annoncée d’imposer, dès la rentrée 2026, 22 périodes de cours hebdomadaires aux enseignant·es du secondaire supérieur, contre 20 aujourd’hui. Cette mesure, issue du conclave budgétaire d’octobre 2024, n’a toujours pas été votée mais figure déjà dans une circulaire de la Fédération Wallonie-Bruxelles communiquée aux directions d'école le 28 avril 2026.

Une mesure purement budgétaire qui fragilise l’école

Sous couvert d’« alignement » avec le secondaire inférieur, le gouvernement impose en réalité une augmentation de 10 % du temps face aux élèves, sans revalorisation salariale, sans réflexion pédagogique, et sans concertation réelle. Cette décision ignore délibérément la réalité du métier : préparations, corrections, suivi individualisé, réunions, autant de tâches invisibles qui exploseront mécaniquement.

À cela s’ajoute une présentation trompeuse de la situation antérieure. Il est inexact d'affirmer qu'avant le Pacte pour un Enseignement d'excellence les enseignant·es prestaient déjà systématiquement 22 périodes. Le régime prévoyait en réalité une charge horaire comprise entre 20 et 22 périodes, permettant des ajustements selon l'organisation propre des établissements scolaires. Le recours aux 22 périodes existait dans certaines situations particulières, mais ne constituait pas une norme généralisée.

Un risque majeur pour l’attractivité du métier

Les estimations syndicales sont alarmantes : de 1 000 à 1 500 enseignant·es, principalement des jeunes, pourraient perdre des heures, un temps plein, ou être contraint·es de courir entre plusieurs établissements. La possibilité de « démission partielle » pour refuser ces deux heures supplémentaires n’est qu’un leurre, puisqu’elle entraîne une baisse de salaire et, selon les réseaux, la perte de droits statutaires.

La Ligue appelle à un retrait immédiat de la mesure et :

  • Demande la suspension immédiate de cette réforme tant qu'aucune concertation approfondie avec les acteur·rices de terrain n'aura eu lieu ;
  • Dénonce le risque d'aggravation de la pénurie enseignante, déjà critique dans de nombreux établissements ;
  • Réclame une revalorisation réelle du métier, fondée sur des données fiables, une reconnaissance du travail invisible et une vision pédagogique cohérente ;
  • Appelle le gouvernement à privilégier des mesures renforçant l'attractivité, la valorisation et la stabilité du métier plutôt qu’une logique strictement budgétaire.

 

Contact presse : Roberto Galluccio - roberto.galluccio@cpeons.be