On ne mange pas les cannibales, de Stéphanie Artarit

« L’enfance est un territoire infiniment vaste, particulièrement pour ceux qui n’en ont pas eu »
Bambi, adolescente de 16 ans, s’introduit clandestinement tous les matins dans le parc animalier de sa ville du sud de la France. Fascinée par les animaux, elle y trouve tant un refuge qu’une échappatoire à la terreur de sa vie familiale. Car le quotidien de Bambi est pavé de violence et de misère: une mère impotente, un père évanoui dans la nature, deux petits frères lourdement handicapés et surtout un grand frère, Martin, pétri d’une perversion inouïe. Dans cette famille du quart-monde, Bambi porte le quotidien à bout de bras.
De son côté, Noël Rivière dirige le zoo familial. Il mène une existence solitaire, préférant la compagnie des animaux aux humains. Tout bascule le jour où il découvre la présence fortuite de Bambi dans le zoo. Touché par cette ado farouche, il lui propose un emploi. Rapidement, leur relation se noue autour d’un événement inattendu qui scellera leurs destins dans une fragile promesse d’avenir. C’était sans compter sur le spectre qui rôde silencieusement, plus féroce qu’un tigre, plus sournois qu’un loup et qui brisera leur avenir en mille éclats. a traque silencieuse et rusée du monstre laissera place à la plus grande violence du monde.
«On ne mange pas les cannibales» est un roman noir qui tient de la tragédie grecque; habité par des personnages bouillonnants, vivants, entiers, parfois sauvages, portés par un destin incertain, avec lesquels on vit, on pleure, on souffre. À travers une écriture dense, âpre et poétique, Stéphanie Artarit livre un récit rude, parfois brutal, refusant toute joliesse pour mieux interroger le rapport à l’autre, qu’il soit humain ou animal. Une question hante ce conte: de l’homme ou de la bête, quel est le plus grand des prédateurs?