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Une crise comme opportunité

Une crise comme opportunité

SOMMAIRE DU DOSSIER

Les crises ont le potentiel de radicalement transformer nos sociétés. À nous de saisir cette opportunité pour créer un monde meilleur à l’avenir.

Nous vivons une période exceptionnelle. Une période qui, bien qu’elle soit tragique, a le potentiel de radicalement changer nos sociétés

L’Histoire nous enseigne que la période suivant une crise est propice à de grands changements sociétaux. L’ancêtre de l’Organisation des Nations Unies, la Société des Nations, a été créée en réponse à la Première Guerre mondiale. L’ONU, elle-même, n’est pas bien différente aujourd’hui qu’après sa création, juste après la Seconde Guerre mondiale. Le droit de vote des femmes a été octroyé après la Première ou la Seconde Guerre mondiale dans la plupart des pays occidentaux. Dans un autre registre, la crise pétrolière et économique des années 1970 a, d’après certain·e·s historien·ne·s, été l’élément qui a permis l’arrivée au pouvoir des idées néolibérales, qui dominent encore aujourd’hui les sphères politiques mondiales.

Un exemple flagrant du potentiel de la crise du Covid-19 provient de ces quelques lignes de l’éditorial du 4 avril du Financial Times. Celles-ci seront sans doute citées par les historien·ne·s à l’avenir, tant elles semblent aller à l’encontre de la pensée traditionnelle du journal:

«Des réformes radicales – renversant l’orientation politique des quatre dernières décennies – devront être mises sur la table. Les gouvernements devront accepter un rôle plus actif dans l’économie. Ils doivent considérer les services publics comme des investissements plutôt que comme des passifs et chercher des moyens de rendre les marchés du travail moins incertains. La redistribution sera à nouveau à l’ordre du jour; les privilèges des personnes âgées et des riches seront remis en question. Des politiques jusqu’à récemment considérées comme excentriques, telles que le revenu de base et les impôts sur la fortune, devront être dans le mélange».

La fenêtre d’Overton est un outil théorique permettant de comprendre comment certaines idées deviennent des mesures politiques. Au départ, les idées sont impensables, avant de devenir radicales, et ainsi de suite jusqu’au centre de la fenêtre. La crise du Covid-19 permettra à certaines idées de passer très rapidement au centre.

La fenêtre d’Overton

Mais comment se fait-il qu’une idée parvienne au centre et pas une autre? Le théoricien le plus connu du néolibéralisme, Milton Friedman, apportait d’une certaine manière une réponse à cette question dans son livre Capitalisme et Liberté: «Seule une crise – réelle ou perçue – produit un réel changement. Lorsque cette crise survient, les actions entreprises dépendent des idées qui sont dans l’air».

«Les idées qui sont dans l’air», ce sont elles qui deviennent des mesures politiques après une crise. Dans ce dossier seront présentées certaines d’entre elles. Elles étaient jusqu’à présent assez éloignées du centre de la fenêtre d’Overton. Pour parvenir au centre, elles doivent remporter la bataille des idées.

À la fin de ce dossier, nous espérons que ces idées vous paraîtront raisonnables.

Bonne lecture!

 

Adrien Plomteux, Ligue de L’Enseignement et de l’Éducation permanente

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