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Un projet d’école à Auderghem vise une pédagogie mixte

Un projet d’école à Auderghem vise une pédagogie mixte
La création de nouvelles écoles en Fédération Wallonie-Bruxelles est nécessaire pour faire face à la croissance de la population. À chaque école ses choix pédagogiques, et à Auderghem, le projet d’école secondaire NESA vise à développer une pédagogie mixte, à mi-chemin entre le traditionnel et l’actif.

Porté par des parents de l’enseignement communal primaire, NESA trouve son inspiration dans les écoles du réseau communal d’Auderghem. En effet, chacune d’entre elles se base sur un projet d’établissement fort pour organiser ses activités (art, cirque, sciences, langues) dans le respect du rythme de l’enfant. Le projet NESA souhaite développer ce mode de fonctionnement au niveau secondaire, sans toutefois renoncer à l’enseignement de contenus plus traditionnels. Les porteur·se·s du projet ont également à cœur de favoriser l’accessibilité de l’école, le respect de tous ses acteurs et actrices, la citoyenneté et le bien-être.

L’idée d’ouvrir une nouvelle école secondaire est née il y a environ deux ans pour ce groupe citoyen, qui s’est stabilisé en un noyau de trois personnes: Anne-Isabelle Riano, enseignante dans le secondaire ordinaire, Pierre de Buyl, chercheur en physique et Sophie Haufman, enseignante dans le secondaire spécialisé. Le trio a multiplié les rencontres avec les différents niveaux de pouvoir. La dernière rencontre en date, avec la commune d’Auderghem (l’échevine de l’enseignement Élise Willame et le bourgmestre Didier Gosuin), succède à des rendez-vous auprès de différents cabinets ministériels (Vervoort et Schyns sous la législature précédente) et à une présentation publique auprès de citoyen·ne·s d’Auderghem. Le but de ces rencontres est de faciliter la mise en place de l’école en coordination avec les autorités et, si des pistes se dégagent, de trouver un endroit propice pour les locaux. Les porteur·se·s du projet sont également à la recherche de subsides publics car ils·elles ne souhaitent pas demander de participation financière aux familles pour le fonctionnement de l’établissement.

Axes pédagogiques

Pour rendre concrète son action pédagogique, le projet NESA se structure autour de quatre grands axes: une école accessible à toutes et à tous et donc gratuite, un cadre humain positif, une pédagogie mixte dans la lignée des écoles primaires de la commune d’Auderghem et le développement d’une conscience citoyenne.

L’idée de concevoir un projet à mi-chemin entre les pédagogies traditionnelle et active est née de plusieurs constats: la pédagogie active suppose de l’élève qu’il·elle soit capable, dès le début du secondaire, de prendre en main son apprentissage. La pédagogie traditionnelle laisse peu d’autonomie à l’élève pour développer son identité ou sa créativité. La proposition d’une pédagogie mixte paraît en ce sens susceptible de toucher un public plus large, qui pourrait être accueilli quel que soit son parcours (traditionnel ou actif).

Organisation des cours

L’un des défis pour donner vie à ces idées est de les traduire en propositions concrètes. A cette fin, la grille horaire de la future école est un paramètre essentiel de la mise en œuvre du projet. Il est proposé, par exemple, d’y intégrer des éléments choisis de pédagogie active: l’horaire comprendra une heure d’entraide entre élèves et une heure dédiée au titulariat et au suivi des projets qui se déroulent sur toute l’année. En incluant ces moments de développement dans l’horaire officiel, les fondements du projet peuvent se développer dans de bonnes conditions pour les élèves et les enseignant·e·s et bénéficient de fait d’un caractère inclusif et obligatoire.

Le choix de rendre l’heure d’entraide (et non de remédiation) obligatoire pour toutes et tous diminuera la stigmatisation de «mauvais élèves» et le sentiment de compétition. Les jeunes pourront par contre choisir d’eux-mêmes quelle matière aborder au cours de ce moment d’entraide.

Des semaines dédiées à l’interdisciplinarité permettront de concrétiser certaines études et réalisations, ou encore de planifier des sorties scolaires. La participation conjointe d’enseignant·e·s de sciences, d’art, de langues et de lettres constituera à ces moments un atout pédagogique et participera à la cohérence humaine de l’établissement. Enseignement par projet Un thème annuel structurera la composante «active» de l’école. Les élèves participeront au choix du thème, ce qui suscitera un sentiment d’implication dans leur propre parcours scolaire. L’influence du thème sera multiple: source d’inspiration pour illustrer les cours et base pour développer des projets tout au long de l’année.

Les élèves pourront choisir parmi plusieurs approches (pour leurs projets d’année): réalisation artistique, écriture (via un blog, par exemple), expérimentation scientifique. Ils/elles seront encouragé·e·s à essayer ces différentes approches au cours de leur scolarité.

Une école basée sur l’humain

Dans la future école, le bien-être des élèves et des enseignant·e·s sera une préoccupation quotidienne. Un·e membre du personnel sera en charge de superviser cette composante du projet à titre de coordinat·eur·rice, il/elle prendra une part active dans la formation de et avec l’équipe. Des actions spécifiques seront également proposées dans le but d’établir un climat de bienveillance et l’intégration positive des différentes cultures en présence dans l’école.

Un tout cohérent

Au final, l’une des forces du projet NESA est sa cohérence: la volonté d’accessibilité, par exemple, se traduira par l’absence de frais d’inscriptions, par une formule de remédiation améliorée, par la valorisation des qualités de chaque élève dans l’élaboration des projets et par leur implication en tant que citoyen·e·s de l’école.

Anne-Isabelle Riano, professeure de français, Sophie Haufman, professeure de français, Pierre de Buyl, physicien

Si vous souhaitez en savoir plus, le site web de NESA reprend le projet pédagogique dans son ensemble: https://projetnesa.wordpress.com