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Lire, autrement…

Lire, autrement…

SOMMAIRE DU DOSSIER

Être auteur jeunesse c’est se rapprocher de la vie des jeunes, entrer dans leur quotidien, se mettre à leur place, le temps d’un livre. Comment crée-ton un roman jeunesse? Comment susciter l’envie de lire à travers sa plume? Rencontre avec Mathieu Pierloot, auteur jeunesse depuis 2012 et ancien enseignant primaire à Bruxelles.

Éduquer: Quel a été ton parcours vers l’écriture?

Mathieu Pierloot

Mathieu Pierloot: Comme beaucoup d’auteurs, j’étais d’abord un lecteur. J’ai l’impression que quand tu es un gros lecteur, il y a forcément un moment où tu te demandes: «Pourquoi pas moi?». On peut imaginer que derrière les auteurs il y a des gens qui ont franchi le cap. Ensuite, le problème n’est pas tellement d’essayer, mais c’est de continuer. C’est un processus long et fastidieux. Même si je m’essaie à l’écriture depuis mon adolescence, le tournant a été le premier roman jeunesse que j’ai écrit en 2012-2013, publié à l’École des Loisirs. Avoir été publié dans une maison d’édition importante a été une énorme chance pour moi. Tout s’est enclenché après cela. Il y en a eu un 2e , puis un 3e … J’ai dû écrire une dizaine de livres depuis et cela continue!

Éduquer: Est-ce un choix d’écrire pour les jeunes ou cela s’est-il fait de fil en aiguille?

M.P.: Je pense que j’ai été vers la jeunesse car j’étais moi-même un lecteur de littérature jeunesse. J’ai toujours continué à en lire, même adulte. Il y a énormément d’auteurs fantastiques.

Ecrire me permet de comprendre les choses, c’est ma manière de comprendre le monde. Quand quelque chose m’échappe, j’écris

Éduquer: Écrire pour la jeunesse est plus épanouissant pour toi?

M.P.: Écrire me permet de comprendre les choses, c’est ma manière de comprendre le monde. Quand quelque chose m’échappe, j’écris. Pour moi, l’adolescence par exemple, est vraiment un mystère. C’est une période à la fois extraordinaire et complexe. Tout y est décuplé, les émotions, les interactions… J’adore d’écrire sur cette période de la vie.

Éduquer: Quelle est la différence entre l’écriture jeunesse et l’écriture pour adultes?

M.P.: Quand on écrit pour la «vieillesse», il y a le poids d’une histoire, d’une tradition qui pèsent sur les épaules. L’héritage du milieu littéraire est énorme: avec tous les auteurs qui sont passés avant nous, on ne peut pas se louper. On est forcé de se demander «Est-ce que j’ai vraiment quelque chose à dire de plus ou une façon de le dire qui n’ait pas déjà été dite?». En littérature de jeunesse, l’héritage est un peu moins pesant. On y va peut-être avec un peu moins de complexes, avec moins de pression. Je ne sais pas. Je ne suis pas très sûr de ce que j’avance… C’est peut-être une énorme bêtise. L’autre différence, pour moi, c’est le point de vue qu’on adopte. Ma sensation, c’est qu’écrire pour les enfants ou les adolescents, c’est écrire au plus près de ce qu’ils sont, alors que si je m’adresse aux adultes, mon point de vue s’éloigne, il est plus «méta». Mais là aussi, je ne suis pas très certain de ce que j’avance.

Éduquer: Écrire pour les jeunes c’est être son personnage?

M.P.: Dans la littérature de jeunesse, tu dois te remettre dans l’état dans lequel tu étais enfant ou adolescent. Il faut retrouver les enjeux, ce qui est important dans ta vie, à ce moment-là. On ne peut pas le faire totalement évidemment, mais cette distance doit être la plus mince possible. Il y a, bien sûr, eu de grands écrivains comme Salinger, Safran Foer, Fitzgerald… qui ont écrit des romans d’adultes sur la jeunesse mais ils le faisaient naturellement avec un regard d’adulte sur l’adolescence. Enfin, Salinger, ça se discute… Pour moi, c’est peut-être ça la différence entre les romans de jeunesse et le roman de vieillesse.

Éduquer: Écris-tu de manière autobiographique?

M.P.: Mon écriture reste empreinte de ma propre histoire, c’est assez autobiographique dans l’ensemble. Dans mes romans, j’essaie de me remettre dans la peau de l’ado que j’étais alors, de me remémorer ce que j’ai vécu à ce moment-là de ma vie. Cette approche me permet d’essayer de comprendre les choses. C’est comme si je revivais la scène et je me dis: «Tiens, c’est donc ça qui se jouait à ce moment-là de ma vie?».

Éduquer: Tu as été enseignant pendant plus de 10 ans. Est-ce que cette expérience en tant que prof a nourri tes romans?

M.P.: Quand j’écris pour les enfants plus jeunes, j’écris généralement, avec en tête, les enfants que j’avais dans ma classe à l’époque où j’étais enseignant. C’est comme ça que je visualise mes personnages. Dans ma tête, ils ont donc 10-11 ans, même si l’âge du lecteur m’importe peu au final. Je les ai beaucoup observés, mes élèves, je les ai vu interagir, j’ai pu comprendre ce qui les tracassait, ce qui comptait pour eux.

Éduquer: Cette approche donne-t-elle un caractère plus authentique à tes histoires?

M.P.: Il paraît! C’est ce que certains enfants me rapportent, notamment en ce qui concerne les dialogues de mes romans. J’adore quand on me dit cela car il n’y a rien que j’aime plus qu’écrire des dialogues. C’est mon exercice préféré car parvenir à faire sonner juste un dialogue, c’est extrêmement réjouissant. Il y a des auteurs qui arrivent à décrire parfaitement une scène, d’autres qui arrivent à être émouvants… moi, j’écris des dialogues. C’est mon truc!

Éduquer: Quel est le profil de tes lecteurs et lectrices?

M.P.: C’est difficile à définir car, en général, les lecteurs je les rencontre dans leur classe, à l’école via les rencontres auteur/élèves. Je ne sais pas qui ils sont, je ne sais pas de quel milieu socioculturel ils sont issus. Généralement dans une classe, il y a toujours un ou deux gros lecteurs. Plus, c’est assez exceptionnel. Il y a des enfants qui lisent un peu, d’autres pas du tout… Dans une classe, il y a de tout, forcément.

Éduquer: Quel est le but de ces rencontres auteur/élèves?

M.P.: On m’invite souvent dans des classes d’enfants qui ne lisent pas ou peu. L’idée, c’est de leur permettre de rencontrer quelqu’un qui écrit, histoire qu’ils puissent voir que derrière un livre ou un texte, il y a une vraie personne. Je vais par exemple beaucoup dans des classes de première différenciée. Généralement, ce sont des jeunes qui ne sont pas amis avec la lecture, parce que c’est compliqué pour eux de lire. Si c’est difficile, c’est aussi compliqué d’éprouver du plaisir, tout simplement.

Je trouve que cela n’a pas de sens de mettre les auteurs sur un piédestal. Je ne vois pas en quoi cela serait différent, plus noble, d’écrire un livre plutôt que de plafonner un mur

Éduquer: Il y a des élèves qui ont démissionné par rapport à la lecture. Est-ce possible de les accrocher via des animations en classe?

M.P.: Je n’en ai aucune idée. Quand je fais des animations en classe, je ne me sens pas spécialement la responsabilité de promouvoir la lecture auprès de qui que ce soit. Je viens parler de mon travail d’auteur, je leur explique comment je procède, quelle est la réalité quotidienne, voire économique d’un auteur. Je serais couvreur dans le bâtiment ou juge de paix, ce serait la même chose. C’est un travail. Je ne sacralise pas l’auteur. Je trouve que cela n’a pas de sens de mettre les auteurs sur un piédestal. Je ne vois pas en quoi cela serait différent, plus noble, d’écrire un livre plutôt que de plafonner un mur. Pour moi, c’est kif-kif. Je n’ai pas de mission. Si ma venue permet à un ou deux enfants de se plonger dans un livre et d’y prendre du plaisir, j’en serai très heureux mais je ne me sens pas la responsabilité de donner le goût de la lecture à qui que ce soit.

Éduquer: D’où vient, selon toi, la scission entre lecture analytique et lecture littéraire?

M.P.: Je ne suis pas du tout spécialiste de la lecture, mais je pense que ce qu’on demande aux élèves, c’est surtout de comprendre, de pouvoir analyser un texte, de travailler la littératie. Par ailleurs, la lecture littéraire, la lecture qu’on dit «plaisir», est peut-être plus compliquée à évaluer, non? J’imagine que l’évaluation est saillante lorsqu’elle porte sur les textes informatifs. Avec le texte informatif, il n’y a pas d’équivoque: tout le monde est censé comprendre la même chose. Si tu fais de l’explicitation en lecture, le texte informatif est probablement plus efficace que le texte narratif dans lequel il risque d’y avoir des références culturelles, des métaphores, différents niveaux de lecture… des éléments qui sont subjectifs et qu’on peut difficilement mesurer de manière objective…

Éduquer: Est-ce que cette scission est mise en place pour faciliter le travail de l’évaluation?

M.P.: Probablement, oui… mais de manière assez pragmatique: il y a urgence, la maison brûle! Les enquêtes PISA prouvent, année après année, que les résultats des jeunes en lecture s’effondrent en Belgique francophone. Il faut trouver une solution. Il faut absolument générer de l’efficience dans les apprentissages et dans les résultats. D’où, j’imagine, l’engouement pour l’enseignement explicite et la présence accrue de la lecture informative dans le cursus scolaire. Je n’ai pas d’avis définitif sur la question, je ne suis pas assez compétent en la matière.

Éduquer: Penses-tu que les jeunes ne lisent plus?

M.P.: Je pense qu’il est fondamental, sur cette question, de ne pas confondre lecture et littérature. On fait souvent l’amalgame entre les deux. Quand on dit «plaisir de lire» ou «goût de la lecture» on pense systématiquement «livre». On devrait peut-être dissocier tout cela. Lire et livre sont des choses différentes. Il y a des gens qui lisent tout le temps, tous les jours, mais ils ne lisent pas de littérature. Ils ne lisent pas de livres, mais ils lisent!

Éduquer: L’idée de compétence n’a donc rien à voir avec le plaisir de lire?

M.P.: Cela n’a rien à voir dans ce cas-ci. Par contre, je pense que pour pouvoir apprécier la littérature, il vaut mieux être un bon lecteur, sinon on décroche. Si la lecture devient pénible, ce n’est plus un plaisir. Lire du roman requiert plus de compétences que simplement des compétences de lecture. Cela demande de l’empathie, une capacité d’identification, un peu d’imagination, parfois un certain nombre de références culturelles (pour percevoir l’humour, par exemple). Il s’y joue plus que de la lecture.

Avant, il y avait des enfants qui n’aimaient pas lire et donc ne lisaient rien ! Aujourd’hui, les gamins qui n’aiment pas lire ne lisent pas de littérature, mais ils sont sur leur téléphone, donc ils lisent !

Éduquer: Penses-tu que l’omniprésence du Net a une incidence négative sur les pratiques de lecture des jeunes?

M.P.: Je pense, à l’inverse, qu’internet a permis à certains enfants de lire plus qu’avant! Avant, il y avait des enfants qui n’aimaient pas lire et donc ne lisaient rien! Aujourd’hui, les gamins qui n’aiment pas lire ne lisent pas de littérature, mais ils sont sur leur téléphone, donc ils lisent!

Éduquer: Dans ce paysage, comment se porte le secteur du livre jeunesse?

M.P.: Le secteur jeunesse est actuellement le secteur le plus florissant de la littérature. Donc quand on dit que les jeunes ne lisent plus, ça ne peut qu’être faux. Rien ne se vend mieux que la littérature de jeunesse. Des gamins et des gamines qui lisent, il y en a plein. Il y a certainement plus d’enfants que d’adultes qui lisent de la littérature!

Éduquer: Selon toi, les pratiques de lecture des jeunes et des adultes auraient évolué avec le temps et les changements de société?

M.P.: Je pense que oui. Ce qui est intéressant, c’est de se demander ce que les gens lisent et comment ils lisent? Quand on dit «les gens ne lisent plus», ce n’est pas vrai! Ils ne lisent peut-être plus de bouquins, mais ils peuvent passer leur temps à lire sur leur téléphone ou sur leur ordi. Ils lisent et interprètent des infos, des messages… Ce type de lecture requiert la maîtrise de codes différents de celui de la lecture littéraire, mais cela reste bien de la lecture. Les supports ont changé mais cela reste de la lecture. Il est aussi intéressant de se demander quelle est l’influence de ce changement de support dans les pratiques de la lecture romanesque.

Lire c’est quelque chose qui prend du temps, c’est quelque part coûteux en termes de temps et d’implication. C’est long de lire un bouquin !

Éduquer: Cet abandon des adultes pour la lecture littéraire serait-elle liée à l’omniprésence des nouveaux médias?

M.P.: Oui, je pense. Même moi, je lis moins car je suis sur mon téléphone. Ce n’est sans doute pas la seule raison et elle n’est sans doute pas valable partout et tout le temps, mais oui. Je pense aussi que l’accélération du temps influence nos pratiques. Par exemple, on préfère parfois regarder une série qu’un film car on a l’impression que cela va plus vite, qu’on peut s’arrêter quand on veut. Il doit y avoir aussi de cela dans le rapport à la littérature. Lire c’est quelque chose qui prend du temps, c’est quelque part coûteux en termes de temps et d’implication. C’est long de lire un bouquin! Il est certainement plus facile de lire plein de petites informations tout le temps, via les médias, que de se plonger dans un roman.

Éduquer: Penses-tu que le fait que les gens soient entrés dans une forme de lecture plus technique a engendré une perte du plaisir au niveau de la lecture littéraire?

M.P.: C’est possible, oui. Après, l’idée de la «lecture plaisir» est un concept très discutable. Pourquoi est-ce que la notion de plaisir serait forcément liée au roman? Pourquoi estce que «plaisir» égale «narration»? On peut tout à fait trouver du plaisir dans une lecture informative. Si pour toute une partie de la population, la lecture romanesque représente un effort et est désagréable, on ne peut plus appeler cela «lecture plaisir»! Le concept de «lecture plaisir» ne me paraît pas bien défini. Il faudrait quasiment aller jusqu’au bout du raisonnement et appeler cela «lecture inutile» car, dans l’absolu, c’est une lecture qui n’a pas de fonctionnalité propre. On le fait pour soi, gratuitement… pour le plaisir!

Marie Versele, secteur communication

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Découvrez l’univers de Mathieu Pierloot à travers ses livres jeunesse:

Voilà la pluie / Album, à partir de 6 ans

Camille aime explorer son jardin. Même quand il pleut comme aujourd’hui. Et voilà que fourmis, araignées et escargots lui parlent d’un grand spectacle. Ses découvertes la mènent jusqu’à un arbre immense où l’attend un phénomène d’une grande beauté. Comme la nature nous émerveille quand on prend le temps de ralentir et de l’observer!

 

Rouge / Roman, à partir de 7 ans

Seymour sent bien qu’il n’est pas comme les autres. Il n’aime pas se battre, il déteste la viande crue. Alors il s’en va loin, très loin. Il se réfugie dans une maison vide et apprend à vivre seul. Jusqu’à l’arrivée de Rouge. Muette et mystérieuse, la petite fille s’installe dans la vie de Seymour. Les années passent et Rouge grandit…

 

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Une malachite, vous savez ce que c’est? Lino, lui, n’en avait aucune idée jusqu’à ce que ce gros frimeur de John-John en amène une à l’école. C’est qu’il s’en passe des choses, dans cette école. Entre les parties de foot avec Fatou, les clubs d’espions ultra-secrets auxquels il faut adhérer et l’anniversaire de Tulipe à ne pas rater, Lino n’arrête jamais. Heureusement, il y a les autres, ses copains sur qui il peut toujours compter.

 

Encore Lino / Roman, à partir de 8 ans

Revoilà Lino et toute sa bande. Cette fois, les conversations de cour de récré bruissent autour de la fête du siècle organisée par John-John pour son anniversaire, mais aussi d’une action collective pour sauver le saule de l’école, de l’atelier intergénérationnel qu’a imaginé la maîtresse Mme Carli et de la prochaine visite médicale… Entre angoisses et rigolades!

 

Summer Kids / Roman, à partir de 13 ans

Pour Antoine et ses amis, l’été qui commence sépare les années lycée de l’entrée à l’université. Si tous (Mehdi, Hannah, Alice) savent déjà ce qu’ils vont faire, ce n’est pas son cas. En pleine incertitude, y compris familiale – car sa mère a un nouveau compagnon qui ne lui plaît guère –, Antoine broie du noir depuis qu’Hannah et lui ont rompu. Faute de mieux, entre deux fêtes trop arrosées, il se console dans les bras d’une jolie blonde et accepte un petit boulot dans une maison de retraite. Mais le temps presse, et il faudra bien qu’il décide ce qu’il veut faire de sa vie, avec ou sans Hannah.

 

En grève! / Roman, à partir de 13 ans

Branle-bas de combat: le gouvernement veut supprimer trois mille postes d’enseignants. Les professeurs se mettent en grève, les élèves se mobilisent. Pour organiser leur action, Antoine et ses amis se retrouvent au Potemkine, un café proche du lycée.

 

Jamais contents! / Album, à partir de 3 ans

Recevoir des cadeaux, c’est amusant, mais pourquoi les gens ne sont-ils jamais contents? Premier livre pour Mathieu Pierloot et Baptiste Amsallem à La Pastèque, Jamais contents! vous montre comment les enfants s’amusent avec les cadeaux que les grands leur offrent; au grand désespoir d’un chat, obligé de participer à l’action bien malgré lui.

 

L’amour c’est n’importe quoi! / Roman, à partir de 8 ans

Quand elle a fait ce rêve que parmi ses élèves se cachait un grand écrivain, mademoiselle Junon a distribué des carnets à spirale à chacun d’entre eux, pour y noter tout ce qui leur passait par la tête. À défaut d’écrire un roman, Sacha y prend des notes sur les êtres qui l’entourent et les questions qu’il se pose. Il se demande comment savoir que l’on est réellement amoureux.

Tous les textes sont issus des quatrièmes de couverture des romans et album.


Écrivain·e·s en classe

Le programme «Auteurs en classe» du Service général des Lettres et du Livre permet d’organiser des rencontres d’auteur·trice·s, d’illustrateur·trice·s ou de bédéistes dans les classes du fondamental, du secondaire et du supérieur, tous réseaux et tous types d’enseignement confondus. Une belle occasion de partager autrement autour du livre!

Plus d’infos: https://objectifplumes.be/complex/inviter-un-auteur-en-classe

 

ILLUSTRATION: Photo by Klim Sergeev on Unsplash