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L’enseignement spécialisé, la solution ?

L’enseignement spécialisé, la solution ?
Eduquer 134: Quelle école pour les enfants DYS?
Par manque d’attention ou par frein financier, on constate qu’une partie des enfants DYS ne bénéficie pas toujours d’un diagnostic mené par une équipe médicale et pédagogique compétente. Certains d’entre eux seront alors redirigés vers
l’enseignement spécialisé qui offre un accueil plus adapté aux difficultés d’apprentissage. Ces enfants y poursuivent alors leurs cursus scolaires, parfois à juste titre, parfois à tort…

L’enseignement spécialisé permet de répondre aux besoins spécifiques des enfants en difficultés d’apprentissage et a pour ambition leur épanouissement personnel et leur intégration sociale et/ou professionnelle.1 A travers une individualisation de l’enseignement, l’équipe pédagogique (composée d’une équipe éducative à laquelle s’adjoint un personnel paramédical, psychologique et social) met tout en œuvre pour permettre à l’élève de poursuivre son cursus scolaire.

Différents types, différents degrés

Afin de répondre au mieux aux besoins spécifiques de chaque enfant, l’enseignement spécialisé est organisé en 8 catégories, 8 types, correspondant aux différentes difficultés d’apprentissage des enfants. Ces différents types d’enseignement permettent ainsi d’accueillir efficacement tant les enfants présentant des déficiences physiques, visuelles ou auditives, un retard mental (léger, modéré ou sévère), des enfants malades ou convalescents, des  enfants présentant des  troubles du comportement ou encore des enfants présentant des troubles de l’apprentissage.

Par ailleurs, il existe des niveaux correspondants à différents types de qualification : l’enseignement d’adaptation sociale (forme 1), l’enseignement d’adaptation sociale et professionnelle (forme 2), l’enseignement professionnel (forme 3) et enfin l’enseignement général, technique, artistique ou  professionnel (forme 4).

Une certification

L’élève inscrit dans l’enseignement spécialisé pourra passer son épreuve du CEB, comme  tout élève issu de l’enseignement ordinaire. De la même manière, l’enseignement secondaire spécialisé organise des examens en vue de l’obtention de certificats  de qualification spécifiques dans des métiers  divers (pour  l’enseignement spécialisé de forme 3) ainsi que des certificats  et diplômes comparables à l’enseignement secondaire ordinaire (uniquement pour l’enseignement spécialisé de forme 4).

Quid du secondaire pour les enfants DYS ?

Les enfants présentant un / des trouble(s) de l’apprentissage sont donc accueillis, au niveau primaire dans des écoles spécialisées de type 8. Malheureusement, ce type d’enseignement n’est pas organisé au niveau secondaire. Que faire de ces jeunes ? Bon nombre d’entre eux rejoindront une école spécialisée de type 1 (accueillant des enfants au retard mental léger), d’autres tenteront de rejoindre l’enseignement ordinaire.

Un retour vers l’ordinaire ?

En théorie, un enfant suivant son cursus scolaire au sein de l’enseignement spécialisé peut, à tout moment, réintégrer l’enseignement ordinaire. Les parents de l’élève, ou l’élève s’il est majeur,  restent les seuls maîtres à bord.  Le retour à l’enseignement ordinaire, subordonné à l’avis du centre psycho-médical-social, sera réalisé avec le soutien d’un enseignant, logopède, etc., issu de l’enseignement spécialisé. Il peut s’opérer temporairement  ou de manière permanente, être ponctuel (un jour par semaine, par exemple) ou continu (tous les jours de la semaine). Ce travail d’intégration permettra  à l’élève de réintégrer plus aisément l’enseignement ordinaire si tel est son choix. Malheureusement, on constate qu’une infime partie des élèves issus de l’enseignement spécialisé réintègre l’enseignement ordinaire. En effet, en 2010, en Communauté Française, on estime que moins de 1% de  ces derniers ont rejoint l’enseignement ordinaire de manière permanente.2

L’enseignement spécialisé… meilleur choix ? 

On le constate aisément, certains enfants souffrant de troubles de l’apprentissage pourront être non ou mal diagnostiqués et donc mal orientés au niveau scolaire. Ne répondant pas à la norme scolaire et ne bénéficiant pas  d’une prise en charge globale menée par des professionnels du secteur médical, ces derniers se retrouveront, parfois à tort, dans l’enseignement spécialisé alors qu’ils auraient pu bénéficier d’une rééducation en amont. D’après l’association TDA/H Belgique, « leur problème est donc qu’ils sont à la fois trop ‘handicapés’ pour suivre un cursus scolaire ‘normal’ ou aussi rapide que le reste de la population, et à la fois pas  assez ‘handicapés’ pour être reconnus comme tels et sont alors dirigés vers des structures inadaptées à leur état. » 3

Des freins tant structurels que financiers s’imposent alors tant aux enfants qu’à leurs parents. Sans remettre en question le rôle fondamental de l’enseignement spécialisé, il semble important de se demander si tous les enfants   ont leur place. Toujours selon l’association TDA/H Belgique, « parmi les enfants sortant du système scolaire, le tiers d’entre eux présentent des troubles d’apprentissage scolaires qui pourraient être rééduqués efficacement. Cela permettrait ainsi de diminuer significativement le taux important d’échec scolaire retrouvé dans notre pays et de réaliser  de substantielles économies tout en créant des emplois productifs. » 4

Une marginalisation socio-économique

Force est de constater que les écoles spécialisées ne désemplissent pas. On constate que, selon les derniers indicateurs de l’enseignement, l’enseignement spécialisé accueillait pas moins de 36 609 élèves pour l’année 2014-2015 (1 415 en maternel, 17 656 en primaire et 17 538 en secondaire).

Le nombre d’élèves inscrits dans l’enseignement  spécialisé aurait augmenté en dix ans de 27% dans l’enseignement maternel, de 14% dans le primaire et de 20% dans le secondaire.5 Pour autant, les jeunes sont-ils plus  enclins à présenter des troubles de l’apprentissage ? Rien n’est moins sûr. Selon la Ligue des Droits de l’Enfant, « cette augmentation est spécifique à certains ‘types’ de l’enseignement spécialisé, à savoir les type 8 (troubles instrumentaux et troubles d’apprentissage) et type 1 (retard mental léger). » Et selon eux, « Les raisons en sont connues ; elles ne découlent pas toujours d’une augmentation d’enfants porteurs de handicaps ou de troubles instrumentaux, mais plus souvent d’une orientation inadéquate  des enfants de milieux socialement défavorisés. Autrement dit, la majorité des élèves qui sont orientés vers l’enseignement de T8 et de T1 n’y ont,  tout simplement, pas leur place. »

On constate en effet qu’une grande partie des enfants orientés  vers l’enseignement spécialisé de type 8 et 1 sont socialement défavorisés et/ou  d’origines immigrées. Toujours selon la Ligue des Droits de l’Enfant, « En 2008 déjà, la Commission de pilotage s’était inquiétée de la forte  ugmentation de l’orientation vers l’enseignement spécialisé, et de la forte corrélation de cette orientation dans le type 8 avec le niveau socio-économique de l’élève. Une grande majorité de ces élèves n’ayant, pour tout  ‘handicap’, que le milieu social dans lequel ils vivent. » 6

 

Marie Versele, secteur communication

 

1. « L ’enseignement spécialisé en Fédération WallonieBruxelles », Fédération Wallonie-Bruxelles, p 5.

2.  Données issues de la SNE data 2010 (Belgium and Finland), European Agency for Development in SpecialNeeds Education.

3. www.tdah.be
4. www.tdah.be/tdah/tdah/troubles-associes/troubles-d-apprentissage/les-enfants-dys
5. Indicateurs de l’enseignement 2016.
6. « Orientation abusive vers l’enseignement spécialisé », communiqué de presse de la Ligue des Droits de l’Enfant, 1er février 2015.

7. Idem.


Une police de caractère spécialement pensée pour les dyslexiques

Il fallait y penser ! Un designer souffrant de dyslexie a créé une police de caractères spécialement adaptée pour les personnes atteinte de ce trouble de la lecture : DyslexieFont.
Les lettres ont été conçues « pour éviter la confusion et améliorer la clarté » a rapporté la radio publique américaine NPR, ce mardi 11 novembre. « Quand elles lisent, les personnes atteintes de dyslexie mélangent et font  tourner souvent inconsciemment les lettres dans leur tête », a expliqué Christian Boer, le créateur…

À retrouver sur : www.pearltrees.com/u/108469063-dysorthographie-solutions