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L’école face aux politiques migratoires – Entrée en matière

L’école face aux politiques migratoires – Entrée en matière
Rafles à répétition au Parc Maximilien, contrôles organisés dans les transports publics, familles entières cueillies à 6 heures du matin dans les centres d’accueil par l’Office des étrangers, enfermement des familles avec enfants en attendant une expulsion – depuis quelques années, la politique migratoire du gouvernement est régulièrement dénoncée par les citoyen·ne·s et les associations.

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L’école face aux politiques migratoires

En outre, depuis 3 ans, le nombre d’enfants primo-arrivants est en augmentation constante. En 2014-2015, selon les chiffres du cabinet de la ministre de l’Éducation, ce sont 1.100 élèves primo-arrivants qui avaient été accueillis dans les écoles en Fédération Wallonie-Bruxelles. En 2015- 2016, ils étaient 1.825; en 2016-2017, 2.406.

Selon la CODE, Coordination des ONG pour les Droits de l’Enfant[1] , 4.960 enfants ont demandé l’asile en Belgique en 2016. Parmi eux, 1.076 n’étaient pas accompagnés d’un adulte. Ils sont appelés MENA pour «mineur étranger non accompagné». Par ailleurs, depuis juillet 2017, les demandes d’asile concernant des familles et des mineurs non accompagnés (arrivant de plus en plus jeunes -moins de 12 ans) sont encore plus nombreuses.

«Protégés» par la Loi belge sur l’obligation scolaire de 1983 et par l’article 191 de la Constitution[2] , les enfants primo-arrivants ont l’obligation d’être scolarisés dès l’âge de 6 ans et jusqu’à 18 ans, peu importe leurs statuts. Qu’ils soient sans papiers, réfugiés, ou membres d’une famille ayant reçu un ordre de quitter le territoire, tous les enfants vivant sur le territoire belge sont censés être scolarisés et jouir de «chances égales d’émancipation sociale», comme en atteste le décret du 30 juin 1998[3] .

Aujourd’hui, l’école semble être un rempart face à la violence des politiques migratoires de la Belgique (et de l’Europe).

Comment alors la Communauté française, les institutions scolaires et les équipes pédagogiques s’organisent-elles pour accueillir ces jeunes migrant·e·s? Comment parviennent-elles à leur assurer des chances égales d’émancipation sociale quand elles sont confrontées à des situations qui les dépassent? Comment remplissent-elles les missions prioritaires de l’enseignement telles que préconisées dans le décret Missions, en particulier: «préparer tous les élèves à être des citoyens responsables, capables de contribuer au développement d’une société démocratique, solidaire, pluraliste et ouverte aux autres cultures».

Dans un premier article, le Centre National de coopération au développement (CNCD11.11.11), proposera un éclairage critique des politiques migratoires répressives en cours à l’égard des migrant·e·s en Belgique et en Europe.

Nous étudierons ensuite, les mesures qui seront bientôt aménagées au sein des écoles de la Fédération Wallonie-Bruxelles, grâce à un nouveau décret sur les DASPA (dispositifs d’accueil et de scolarisation pour les primo-arrivants).

Dans un troisième article, nous avons souhaité mettre en avant une mobilisation citoyenne née dans une école bruxelloise qui a permis à Peace, une mère rwandaise et à ses 3 enfants de rester à Bruxelles.

Enfin, pour clore ce dossier, nous avons rencontré Bruno Derbaix, philosophe et sociologue. Il nous exposera sa vision de l’école idéale et présentera les stratégies à mettre en place pour plus de solidarité, de citoyenneté et de justice entre tous les élèves et leurs professeurs.

 

[1] www.lacode.be/place-aux-enfants-feuille-de-route.html

[2] «Tout étranger qui se trouve sur le territoire de la Belgique jouit de la protection accordée aux personnes et aux biens, sauf les exceptions établies par la loi». Article 191 de la Constitution coordonnée du 17 février 1994».

[3] Extrait du Décret visant à assurer à tous les élèves des chances égales d’émancipation sociale notamment par la mise en œuvre de discriminations positives du 30 juin 1998: «point c) organiser la scolarité des mineurs séjournant illégalement sur le territoire pour autant qu’ils accompagnent leurs parents ou la personne investie de l’autorité parentale».