Actualité: Interculturalité, La Ligue

La rentrée au secteur Interculturel

La rentrée au secteur Interculturel

Après avoir connu bien des bouleversements depuis la crise du Covid, le secteur Interculturel prépare activement sa rentrée 2021!

 

Pour rappel, le Secteur Interculturel de La Ligue poursuit la mission d’améliorer la cohésion sociale et le «vivre ensemble» dans les quartiers populaires multiculturels en favorisant la communication entre les habitant·e·s, et tout particulièrement entre les écoles, ses acteurs/actrices et les familles.

Un travail de plus en plus social depuis la crise du Covid

Nos deux grands axes de travail sont des cours d’alphabétisation et de français langue étrangère, ainsi que des activités d’appropriation de la langue (par des sorties citoyennes et culturelles, des visites de bibliothèques, ludothèques, etc.). Par l’apprentissage de la langue française, il s’agit surtout de donner les moyens à chacun, chacune de trouver sa place au sein de son quartier, de sa commune et plus globalement en tant que citoyen·ne.

Se donner les moyens de circuler dans la ville, de communiquer avec différents interlocuteurs·trices (école, médecin, administration…). Se donner les moyens d’une émancipation.

En ce qui concerne l’apprentissage du français, nous avons dû faire le constat que pour beaucoup, il a été pendant de longs mois une priorité secondaire. Si nous travaillons avec un public vivant «en temps normal» une précarité sociale et économique très forte, la crise sanitaire a eu pour effet direct de le fragiliser davantage. Isolement, perte de revenus, difficulté de gérer la scolarité des enfants, mauvaise compréhension des mesures, etc. Sans oublier la fracture numérique qui s’est fait ressentir de manière très forte.

Néanmoins, une grande partie des apprenant·e·s étaient présent·e·s pour suivre les cours de manière plus individualisée ou à distance quand c’était possible.

Si l’apprentissage du français est une priorité du décret Cohésion sociale, celle-ci est avant tout basée sur le vivre, le faire-ensemble, la cohabitation, la mixité…

Comment faire mixité, comment faire société quand la distanciation sociale devient la norme?

Ce fut donc le grand défi de notre équipe et aussi de tout le tissu associatif bruxellois: continuer à tisser du lien, à briser l’isolement, à être présent·e·s pour une population se sentant délaissée! Continuer à trouver du sens, de l’énergie personnelle et professionnelle, se donner des perspectives malgré l’absence de celles-ci.

Nous saluons donc l’immense travail de nos formatrices qui d’ordinaire jouent déjà un rôle dépassant largement le cadre pédagogique, et qui ont dû déployer beaucoup d’énergie et de présence pour maintenir le contact avec leur public, réinventer les cours sous d’autres supports et intervenir au mieux dans diverses situations socio-économiques ou familiales catastrophiques.

Comment se présente la rentrée de septembre?

La rentrée 2021 est donc portée par l’envie de refaire sens, refaire groupe. Faire vivre ce qui nous anime et qui a été malmené pendant cette longue période.

Nos 8 projets reprennent en groupe dans les communes de Bruxelles, Schaerbeek, Etterbeek, Molenbeek, Anderlecht et Saint-Gilles, dans les écoles et dans des associations de quartier.

Travailler dans les écoles, quand la place nous est donnée, reste pour nous une priorité. Nous travaillons en effet avec des personnes qui n’osent pas toujours pousser la porte des associations de quartier. Nous sommes donc souvent le premier pas vers la rencontre avec l’extérieur.

La rentrée sera aussi la préparation du nouveau décret Cohésion sociale qui sera mis en application en janvier 2023.

Tout le secteur est en travail depuis 2018 et nous espérons que les objectifs – tels que présentés lors de l’élaboration du décret – de stabiliser, de pérenniser le secteur de cohésion sociale seront atteints.

Au regard des catégories de financement proposées dans les arrêtés d’application votés en juillet 2019, nous nous inquiétons en effet d’un sous-financement du secteur tant au niveau de l’emploi que de l’activité. Qu’en tout cas, le financement proposé ne soit pas à la hauteur des ambitions du décret.

La valorisation des travailleurs et travailleuses de terrain doit être une priorité!

En effet, si nous n’avons pas encore le recul nécessaire pour estimer toutes les conséquences sociales, psychologiques et économiques de la crise sanitaire, nous pouvons d’ores et déjà dire qu’une présence active sur le terrain sera primordiale afin d’éviter que les fossés se creusent davantage.

Julie Legait, coordinatrice du secteur Interculturel