1865-1880 : Période de développement

La Ligue fut dirigée à partir d’octobre 1866 par un Conseil général de 33 membres et l’exécution de son programme fut confiée à des cercles locaux et à des commissions chargées d’étudier les problèmes les plus importants.

La Ligue comprit très vite jusqu’à 3000 membres et son action se développa grâce au militantisme des cercles locaux qu’elle créa pour organiser l’éducation des adultes par des conférences, des cours publics et le financement de bibliothèques publiques.

La Ligue ne créa pas elle-même de bibliothèques mais intervint auprès des autorités communales et provinciales, auprès de personnes et de groupes privés pour qu’ils en créent et accorda des subsides à de très nombreuses bibliothèques réparties dans tout le pays.

 

"Ecole du plongeon alternatif" par Amand. Caricature illustrant l'alternance au pouvoir des catholiques et des libéraux pendant la première partie du règne de Léopold II.
« Ecole du plongeon alternatif » par Amand. Caricature illustrant l’alternance au pouvoir des catholiques et des libéraux pendant la première partie du règne de Léopold II.

 

Toutefois sa préoccupation essentielle fut le développement de l’enseignement primaire bien que les enseignants ne constituaient en 1865 que 15% de l’ensemble des adhérents .

Entre 1866 et 1879 l’essentiel de l’énergie de la Ligue fut consacré à l’élaboration d’un projet de réforme de l’enseignement primaire pour modifier en profondeur la loi de 1842 pour laïciser l’école, promouvoir l’enseignement obligatoire et rénover le contenu et les méthodes de l’enseignement.

Il en résulta en 1871 un texte coulé en forme de proposition de loi sous le titre de « Projet d’organisation de l’enseignement primaire » adopté par le Conseil général de la Ligue le 18 juillet 1871. Malheureusement, le moment était mal choisi pour soumettre cette proposition au Parlement : les catholiques disposaient depuis 1870 de la majorité absolue.

D’autre part les élément conservateurs du parti libéral rejetaient l’idée d’instruction obligatoire et les milieux enseignants se montraient parfois sceptiques devant certaines audaces pédagogiques.

Pierre Tempels (1824-1923), haut magistrat, auteur de "L'instruction du peuple" (1865).
Pierre Tempels (1824-1923), haut magistrat, auteur de « L’instruction du peuple » (1865).

Un des membres du Conseil général , un magistrat, Pierre Tempels avait publié en 1865 un livre intitulé « L’instruction du peuple » dont il tira 36 propositions qui devinrent la charte de la Ligue de l’Enseignement en matière d’enseignement primaire.

Outre la lecture, l’écriture, l’étude du système légal des poids et mesures, des éléments de calcul et de langue française, flamande ou allemande, le programme proposé comprenait les éléments des sciences naturelles, d’histoire et de géographie, le dessin, la musique et la gymnastique.

Pour prouver la valeur de ses théories, le 4 mai 1872, la Ligue fonda à Bruxelles une « Ecole Modèle » où serait appliqué le projet Tempels.

Elle ouvrit ses portes en octobre 1875. Pierre Tempels présidait le comité scolaire et Charles Buls en fut nommé directeur.

Cette école eut rapidement une réputation internationale et lorsque les libéraux revinrent au pouvoir en 1878, le ministre de l’Instruction publique, Pierre Van Humbeek, membre du Conseil général de la Ligue, se basa sur le programme et les méthodes en vigueur à l’Ecole Modèle pour réorganiser l’enseignement par la loi sur l’enseignement primaire de 1879.

Tous les vœux de la Ligue n’étaient cependant pas rencontrés puisque l’enseignement primaire n’était ni gratuit ni obligatoire en raison de l’opposition des libéraux doctrinaires.

En 1879, la Ligue mit fin à l’expérience de l’Ecole modèle parce estimant qu’elle avait atteint son but.

De plus , après avoir hésité à ses tout débuts sur la part à laisser à l’initiative privée en matière scolaire, la Ligue avait finalement opté pour le soutien à l’école publique.

 

1884 – 1914 : Trente ans de lutte
1918 – 1940 : L’entre-deux guerre
1945 – 1989 : Les dernières décennies