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Enseigner l’histoire, penser demain ?

Enseigner l’histoire, penser demain ?
Eduquer 133: Histoire à l’école: décentrer le regard

« Une génération qui ignore l’histoire n’a pas de passé, ni de futur. »
Robert Heinlein, écrivain

L’avis n°3 du Pacte d’Excellence présentait deux pistes pour le cours d’histoire : maintenir les cours d’histoire et de géographie en y ajoutant un cours de formation économique et sociale, ou envisager un cours intégratif, pluridisciplinaire, composé de quatre disciplines à parts égales – histoire, géographie, sociologie, économie politique.

En réaction, les professeur-e-s membres de l’association «Histoire et Enseignement» se sont positionné-e-s: « Nous défendons avec force la présence d’un cours de formation historique à part entière, dans l’enseignement primaire et secondaire, et nous refusons fermement qu’il soit noyé dans un vaste cours de sciences humaines aux contours flous et incertains ». Rappelant qu’un « cours d’histoire solide, bien construit et cohérent est un outil de grande qualité, notamment pour lutter contre des doctrines à l’œuvre aujourd’hui qui ne font que recycler des idéologies du passé.»

C’est ce lien entre l’apprentissage de l’histoire à l’école et son impact sur la compréhension du présent qui nous a intéressé.

Dans ce dossier, nous avons donc souhaité, donner la parole à des historien-ne-e-s afin qu’ils apportent leur regard sur le rôle de cette discipline dans la construction de la citoyenneté et de la société d’aujourd’hui et de demain.

A travers trois sujets un peu « sensibles », qui touchent à l’identité : la colonisation, l’histoire des femmes, et le judéocide, ces historien-ne-s nous parlent de contenus, de méthodologie, de pédagogie.

Quel est vraiment le rôle du cours d’histoire à l’école ? Quelles sont les frontières entre une discipline à vocation scientifique, et les enjeux politiques, idéologiques qui la traversent ?

En guise d’introduction, Anne Morelli revient sur la façon dont ce cours, au centre d’une vé- ritable « guerre des lobbys », doit répondre à nombre d’exigences, tout en supportant une réduction des heures dispensées.

Amandine Lauro (avec la collaboration de Romain Landmeters), fait un état des lieux de l’enseignement de la colonisation belge. Jugé insuffisant, elle nous rappelle à quel point il est « essentiel de fournir aux élèves des outils et des connaissances sur un phénomène qui, entre dynamiques globales et ancrages locaux, a façonné nos sociétés  contemporaines ».

Claudine Marissal, évoque l’absence quasi-totale des femmes dans le cours d’histoire et ses conséquences sur la construction des filles et des garçons, avec en filigrane, une réflexion sur la déconstruction des préjugés et des propositions concrètes pour démontrer le rôle conjoint des hommes et des femmes dans l’histoire politique, économique, sociale, familiale, culturelle et religieuse.

Le quatrième article part de l’expérience de terrain d’un enseignant, Michel Staszewski: comment aborder la question du judéocide dans la classe, thématique qui rencontre parfois des résistances et préjugés de la part des élèves ? Il nous montrera comment l’approche historienne (recherche, analyse et critique des diverses sources d’information), et soumises au débat, permet aux élèves de recevoir l’information et de se sentir concerné-e-s.

Enfin, nous proposons, un panel  d’outils  pédagogiques de qualité qui permet aux enseignant-e-s d‘aborder ces problématiques avec leurs élèves.

Bonne lecture !

Dossier réalisé par Juliette Bossé, secteur communication