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Alice Miller et la pédagogie noire

Alice Miller et la pédagogie noire

Punitions, fessées, humiliations, moqueries, sont autant de pratiques considérées aujourd’hui comme des violences éducatives. Pourtant, durant des décennies, ces «corrections» étaient largement répandues et plébiscitées sous le couvert de la «bonne éducation».

Farouchement opposée à tout châtiment corporel, la psychanalyste Alice Miller n’a cessé de lutter contre les violences ordinaires et de dénoncer les ravages de la pédagogie traditionnelle tant au niveau individuel qu’au niveau de la société.

La pédagogie noire

Pour dévoiler les méfaits de l’éducation traditionnelle, Alice Miller va s’appuyer sur la notion de «Pédagogie noire» développée en 1977 par la pédagogue allemande Katharina Rutschky. Son ouvrage «Schwarze Pädagogik. Quellen zur Naturgeschichte der bürgerlichen Erziehung» rassemble une série de textes qui explorent les techniques traditionnelles d’éducation répressive développées par des pédagogues à l’œuvre depuis le 18e siècle. Elle nommera cette mouvance éducative la «pédagogie noire» qui se base sur l’idée que l’enfant est par nature mauvais, capricieux et entêté et qu’il convient de briser sa volonté dès son plus jeune âge pour en faire un être docile et obéissant.

En effet, jusqu’à la moitié du XXe siècle, la majorité des manuels de pédagogie se focalisent principalement sur les moyens de faire entendre raison aux enfants, dès le berceau. C’est ainsi que le philosophe J. Sulzer écrit en 1748: «Il est tout naturel que l’esprit veuille suivre sa propre volonté, et si l’on ne s’y est pas pris correctement dans les deux premières années, on a du mal à atteindre son but par la suite. En outre, ces premières années présentent également l’avantage que l’on peut utiliser la force et la contrainte. Avec le temps, les enfants oublient tout ce qu’ils ont vécu dans la toute petite enfance. Si on parvient alors à leur ôter la volonté, par la suite ils ne se souviendront jamais d’en avoir eu une, et l’intensité des moyens que l’on aura dû mettre en œuvre ne pourra donc pas avoir de conséquences néfastes».[1] Dans la même lignée, le docteur Schreber souligne dans son manuel d’éducation publié au XIXe siècle: «Il faut éduquer l’enfant le plus tôt possible, dès son cinquième mois, pour le libérer des ‘germes du mal’».[2]

Dès lors, sous prétexte d’une pédagogie bienveillante, la société aurait légitimé durant des siècles des pratiques d’éducation basées sur des rapports de pouvoir et non de respect. Mensonge, ruse, dissimulation, manipulation, intimidation, privation d’amour, isolement, humiliation, moquerie, utilisation de la violence jusqu’à la torture[3], tout y est permis, pourvu que les enfants correspondent aux attentes de leurs parents et aux préceptes de la «bonne éducation»… C’est pour leur bien!

Exterminer les caprices

Selon la pédagogie noire, l’enfant étant, par nature, mauvais et entêté, le premier élément capital à exterminer est «le caprice naturel et spontané». Comme le précise le philosophe J. Sulzer, cette approche de l’éducation serait salutaire: «Si l’on n’élimine pas le caprice et la méchanceté, on ne peut pas apporter à l’enfant une bonne éducation. Dès que ces défauts apparaissent chez un enfant, il faut prendre d’urgence des mesures contre le mal, de manière à ce qu’il ne s’enracine pas encore plus profondément par l’habitude et que la personnalité de l’enfant ne soit pas entièrement gâchée»[4].

Il convient donc, pour le bien-être de l’enfant, de veiller à étouffer les caprices et de ne pas y céder, au début par des gestes de menace et petits coups puis par des admonestations[5] physiques plus importantes; si cela ne suffit pas.[6] «En revanche, si les parents ont la chance d’interdire le caprice dès le départ par les remontrances sévères et la baguette, ils ont de bons enfants soumis et obéissants à qui ils peuvent ensuite donner une bonne éducation» (J. Sulzer).[7]

Toute l’éducation n’est rien d’autre que l’apprentissage de l’obéissance»

Une obéissance absolue

Le deuxième élément central de la pédagogie noire est l’obéissance absolue aux parents et aux personnes responsables, et l’approbation de tout ce qu’ils font. Comme le précise J. Sulzer: «Toute l’éducation n’est rien d’autre que l’apprentissage de l’obéissance» (…) Il faut donc dès le début, dès lors que les enfants sont capables de comprendre quelque chose, leur montrer aussi bien par la parole que par les actes qu’ils doivent se soumettre à la volonté des parents. L’obéissance consiste à ce que les enfants 1) fassent de bon gré ce qui leur est ordonné, 2) renoncent à ce qui leur est interdit et 3) s’estiment satisfaits des prescriptions qui leur sont faites.»[8] En tant que dépositaire d’une autorité divine, il revient donc à l’éducateur de «dresser» les enfants dès leur plus jeune âge et par tous les moyens nécessaires car l’apprentissage de l’obéissance ne commence jamais assez tôt!

Permettant d’inculquer, dès le plus jeune âge, les principes de respect de l’ordre établi et la soumission absolue aux lois, l’obéissance participe également à la bonne marche de la société dans son ensemble. En effet, un enfant ayant eu l’habitude de respecter les lois dictées par ses parents n’aura aucun mal à suivre les règles et lois sociales. Oubliant sa propre volonté, l’enfant qui aura obéi deviendra, une fois adulte, libre de devenir son propre maître. Pouvoir et obéissance seraient donc intimement liés: celui qui a le pouvoir une fois adulte sera celui qui aura obéi durant son enfance, le pouvoir étant la récompense de la soumission.[9]

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La violence psychologique

A côté de la violence physique, toute une série de mauvais traitements psychologiques tels que l’humiliation, la manipulation, la répression des affects (comme par exemple, l’interdiction de pleurer) peuvent être pris «pour le bien de l’enfant». L’enfant apprend alors à «se renier lui-même», à étouffer tout ce qui n’a pas «la faveur divine», incapable de se défendre face à des parents tout puissants à qui il doit, en outre, respect et reconnaissance.[10]

La violence éducative peut également s’élaborer au niveau de l’annihilation des savoirs intellectuels de l’enfant et de sa soif d’apprendre: «Le pédagogue doit juguler très tôt la volonté de savoir, en partie aussi pour que l’enfant ne s’aperçoive pas trop vite de ce que l’on fait de lui»[11]. Dès lors, en rejetant les réflexions et pensées des enfants, l’adulte permet de sauvegarder son rapport au savoir et sa posture dominatrice.

Une sur-adaptation et un refoulement durable

La pierre angulaire de ce type d’éducation consiste à faire accepter à un enfant qu’on lui fait mal pour lui faire du bien, parce qu’on l’aime, et peut se traduire par l’idée: «Je t’élève ainsi pour ton bien, et si je te bats ou te torture par mes paroles, c’est uniquement dans ton intérêt».[12] Cette confrontation entre violence et bienveillance met en relief le douloureux conflit intérieur que vit l’enfant: il souffre de la conduite de ses parents, mais l’accepte par amour pour eux. Comme le souligne Alice Miller: «On peut faire de l’enfant une foule de choses dans les deux premières années de sa vie, le plier, disposer de lui, lui enseigner de bonnes habitudes, le corriger et le punir, sans qu’il arrive quoi que ce soit, sans que l’enfant se venge».[13]

Face à cet être omniscient qu’est sa mère ou son père, l’enfant, voulant être aimé, va ravaler sa colère et s’adapter, réprimer ses sentiments, alimenter sa mise à disposition et plonger dans un profond déni de Soi[14]. Sa tolérance vis-à-vis de ses parents sera sans limites et durable, générant alors un processus de refoulement inconscient de ses propres besoins, une sur-adaptation aux attentes des adultes et donc un conditionnement et un consentement à la soumission. En effet, face à des parents autoritaires ou qui ne peuvent accueillir avec empathie ses sentiments, l’enfant apprend à se taire très rapidement car il lui est interdit de manifester sa colère, sa tristesse, sous peine de sanctions et aussi, et peut-être surtout, par amour pour ses parents, pour leur faire plaisir. Une disposition qu’il transfèrera ensuite sur les professeurs, le policier, le politicien… tout ce qui représente l’autorité.

La maltraitance produisant non seulement des enfants malheureux, mais aussi, bien souvent, des parents maltraitants

La violence intergénérationnelle et les origines de la violence humaine

D’après Alice Miller, l’enfant qui n’a pas pu vivre et exprimer pleinement ses émotions et qui n’a pas eu la possibilité de lever le refoulement sur la violence subie durant son enfance, perpétuera plus tard ce traumatisme, soit en sombrant dans la dépression soit en étant dans le passage à l’acte, dans la compulsion de répétition[15] en exerçant son pouvoir sur plus faibles que lui.[16] Comme le souligne Miller, «Les parents luttent pour obtenir sur leurs enfants le pouvoir qu’ils ont dû eux-mêmes abdiquer auprès de leurs propres parents[17] La maltraitance produisant non seulement des enfants malheureux, mais aussi, bien souvent, des parents maltraitants.

C’est là que se joue la théorie de la «transmission intergénérationnelle de la violence» de Miller selon laquelle la violence humaine trouverait sa genèse dans l’abus de pouvoir exercé dès le plus jeune âge. Dès lors, à l’origine de la violence, il y a toujours le meurtre de l’âme enfantine infligé aux petits par les adultes par le biais de l’éducation. Sans un travail pour lever le refoulement sur la perte du Soi subie durant la petite enfance, le drame vécu se reproduira, transmettant de génération en génération des pratiques, discours et refoulements. L’enfant devenu adulte restera alors soumis à toute autorité de façon inconditionnelle et s’accordera, pour lui-même, la même toute-puissance de l’autorité sur ses enfants au sein de la famille, sur ses subalternes dans son milieu professionnel et, à l’extrême, sur son peuple au niveau politique. La violence collective à l’œuvre dans les guerres étant alors un agglomérat de violences singulières nourries par des pratiques éducatives répressives. L’éducation, ayant de profondes conséquences sociales, n’est donc plus une affaire privée.[18]

«Tous les bourreaux ont été victimes»

Selon la théorie de Miller, l’enfant ne naîtrait donc pas foncièrement mauvais, il le deviendrait suite à une série d’humiliations et «Toutes les victimes ne deviennent pas bourreaux. Mais tous les bourreaux ont été victimes». Pour illustrer son propos, elle prendra l’exemple le plus frappant de sa génération[19]: Adolf Hitler. Elle tentera alors de comprendre quelle a pu être la violence de son enfance pour qu’il ait été à ce point mené par un sentiment de haine. Selon Miller, la base de la cruauté du dictateur nazi trouverait ses origines dans sa famille et son enfance: un père autoritaire et brutal qui aurait traumatisé durablement le jeune Hitler, l’entraînant dans un profond sentiment de solitude. Battu et humilié quotidiennement. Hitler serait alors devenu un des pires assassins de l’humanité. Entrant dans une spirale de compulsion de répétition, l’enfant humilié, devenu son propre maître, aurait reproduit les sévices vécus dans sa jeunesse à l’ensemble d’une communauté, allant jusqu’à l’exterminer et mener à bien des actes d’une cruauté inouïe.

Toutes les victimes ne deviennent pas bourreaux. Mais tous les bourreaux ont été victimes

Alice Miller, encensée et critiquée

Décrite comme «une figure influente et controversée dans le monde de la psychanalyse et psychothérapie»[20], Alice Miller ne fait pas l’unanimité dans le milieu psychanalytique. Certain·es lui reprochent une posture réductionniste dans son explication des origines de la cruauté humaine par une enfance malheureuse, notamment dans son approche de la figure d’Hitler. Selon ces critiques, il n’y aurait pas qu’un seul facteur à la violence humaine et réduire les origines du mal à l’éducation serait un leurre: la violence résulterait de l’interaction complexe de facteurs individuels, relationnels, sociaux, culturels et environnementaux, comme le rappelle le Rapport mondial sur la violence et la santé[21]. Par ailleurs, il serait inexact de prétendre que tous les bourreaux ont été des victimes: la majorité l’ont été, mais pas tous[22]. L’approche de la transmission intergénérationnelle de la violence de Miller serait alors considérée comme simpliste, manquant de nuance et peu démontrée scientifiquement.

Même si le travail d’Alice Miller reste, pour certain·es, critiquable à plusieurs égards, son approche de l’enfance et son constat des méfaits d’une éducation répressive ont permis de mettre en évidence les ravages de la pédagogie noire et de faire évoluer les mentalités autour des violences éducatives et ordinaires… un constat qui n’allait pas de soi dans les années 1980 lorsque Miller rédigea ses théories et qui reste, encore de nos jours, un garde-fou précieux face aux violences faites aux enfants.

Marie Versele, secteur communication

N’hésitez pas à consulter l’article « Alice Miller et le drame de l’enfant doué » sur notre site internet!


Les principes de la pédagogie noire selon Miller:

Selon Miller, la pédagogie noire se base sur les principes, souvent inconscients, suivants[1] :

  • «Les adultes sont les maîtres (et non pas les serviteurs!) de l’enfant encore dépendant»;
  • «ils tranchent entre le bien et le mal comme des dieux»;
  • «leur colère est le produit de leurs propres conflits»;
  • «ils en rendent l’enfant responsable»;
  • «les parents ont toujours besoin d’être protégés» (de la mauvaise nature de leurs enfants);
  • «les sentiments vifs qu’éprouve l’enfant pour son maître constituent un danger»;
  • «il faut le plus tôt possible ‘ôter à l’enfant sa volonté’»;
  • tout cela doit être fait «très tôt, de manière à ce que l’enfant ‘ne s’aperçoive de rien’ et ne puisse pas trahir l’adulte».

[1] «C’est pour ton bien. Racines de la violence dans l’éducation de l’enfant», MILLER Alice, p: 90


«C’est pour ton bien»

Dans son ouvrage «C’est pour ton bien» paru en 1984, Alice Miller aborde la question de l’éducation et de l’origine de la cruauté humaine. Selon elle, le mal ne serait pas inné chez l’homme et la violence, que l’on s’inflige à soi-même ou qu’on fait subir aux autres, trouverait ses racines dans l’enfance et, plus particulièrement, dans l’éducation et ce qu’on appelle la «pédagogie noire». Elle y démontre comment, par un mécanisme de compulsion de répétition, «les enfants battus battront à leur tour, les menacés menaceront, les humiliés humilieront»[1] . Terreau de la violence, la «pédagogie noire» serait la genèse de la cruauté humaine.

[1] «C’est pour ton bien. Racines de la violence dans l’éducation de l’enfant», MILLER Alice, 1984.


Les totalitarismes

Les principes de la pédagogie noire qui reposent sur l’apprentissage de l’obéissance où l’ordre est sacré et tout moyen pour y parvenir est autorisé, permettent également d’expliquer et de comprendre l’adhésion des individus aux systèmes totalitaires: «Si l’enfant apprend à considérer même les châtiments corporels comme des ‘mesures nécessaires’ contre les ‘malfaiteurs’, parvenu à l’âge adulte, il fera tout pour se protéger lui-même de toute sanction par obéissance, et n’aura en même temps aucun scrupule à participer au système répressif. Dans l’État totalitaire qui est le reflet de son éducation, un sujet de ce type sera capable de pratiquer n’importe quel mode de torture ou de persécution sans en éprouver la moindre mauvaise conscience. Sa ‘volonté’ est pleinement identique à celle du gouvernement».[1] Pour Alice Miller, cela explique le soutien massif de millions d’Allemand·es au régime nazi: ayant reçu une éducation issue de la pédagogie noire basée sur une obéissance aveugle aux ordres supérieurs, l’adhésion était évidente pour la plupart des citoyen·nes de l’époque… Et probablement, pour une partie de la population russe aujourd’hui, face à la destruction de l’Ukraine.

[1] «C’est pour ton bien. Racines de la violence dans l’éducation de l’enfant», MILLER Alice, 1984, p. 70


[1] «Essai de quelques idées raisonnables sur l’éducation et l’instruction des enfants» («Versuch einiger vernünftiger Gedanken von der Auferziehung und Unterweisung der Kinder»), J. SULZER, 1748.

[2] «C’est pour ton bien. Racines de la violence dans l’éducation de l’enfant», MILLER Alice, 1984, p. 21

[3] Idem.

[4] «C’est pour ton bien. Racines de la violence dans l’éducation de l’enfant», MILLER Alice, 1984, p. 29.

[5] Réprimandes, remontrances.

[6] «C’est pour ton bien. Racines de la violence dans l’éducation de l’enfant», MILLER Alice, 1984, p. 22.

[7] Idem.

[8] Extrait de J. Sulzer, «Versuch von der Erziehung und Unterweisung der Kinder», 1748, cité d’après Katharina Rutschky, «Schwarze Pädagogik», p.173 et sq.

[9] «Autour d’Alice Miller: Le drame de l’enfant doué. La vérité de l’enfance. La pédagogie noire.», Cynthia Fleury, 8 novembre 2016, https://chaire-philo.fr/autour-alice-miller-cynthia-fleury/

[10] «C’est pour ton bien. Racines de la violence dans l’éducation de l’enfant», MILLER Alice, 1984, p. 51

[11] Idem, MILLER Alice, 1984, p. 27

[12] «Notre corps ne ment jamais», MILLER Alice, Paris, Flammarion, 2004.

[13] «C’est pour ton bien. Racines de la violence dans l’éducation de l’enfant», MILLER Alice, 1984, p. 24.

[14] Voir «Alice Miller et le Drame de l’enfant doué» article sur le site de la Ligue https://ligue-enseignement.be/alice-miller-et-le-drame-de-lenfant-doue/

[15] La compulsion de répétition est un concept psychanalytique introduit par Freud qui décrit la répétition inconsciente, par un individu ayant subi un traumatisme, d’événements de ou situations douloureuses vécues antérieurement.

[16] «C’est pour ton bien. Racines de la violence dans l’éducation de l’enfant», MILLER Alice, 1984, p. 20.

[17] Idem, MILLER Alice, 1984, p. 36.

[18] «Une gifle morale aux partisans de la «bonne» fessée», LIETTI Anna, www.letemps.ch/societe/ une-gifle-morale-aux-partisans-bonne-fessee consulté le 10 avril 2022.

[19] Rappelons que Miller est d’origine juive et a dû fuir le ghetto juif de Piotrków Trybunalski en 1940 pour séjourner clandestinement sous le nom d’Alice Rostovska dans la partie «aryenne» de Varsovie alors occupée par les nazis.

[20] «Alice Miller obituary», Sue Cowan-Jenssen, The Guardian, 31 May 2010, www.theguardian.com/ science/2010/may/31/alice-miller-obituary

[21] «Rapport mondial sur la violence et la santé» GRUGG Étienne G., DAHLBERG Linda L., MERCY James A., SWI Anthony, LOZANO-ASCENCIO Rafael, (dir.), Genève, Organisation mondiale de la santé, 2002. In www.researchgate.net/publication/350188548_Fascinante_et_ paradoxale_Alice_Miller

[22] «Fascinante et paradoxale Alice Miller», LABBE Jean, 2021, P.17, in www.researchgate.net/publication/350188548_Fascinante_et_ paradoxale_Alice_Miller

 

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